Budget participatif : Et si on s’y mettait ?

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« La politique c’est loin »,
« on ne nous demande notre avis que lors des élections, après on s’en fiche »,
« Le citoyen ne prend jamais les décisions pour son quotidien ».

Autant de remarques que l’on entend de plus en plus souvent dans une société où le pouvoir politique semble déconnecté des préoccupations des Français. Tout cela alimentant le climat de défiance envers les politiques et envers l’action publique de manière générale. Se pose alors la question : « comment remettre le citoyen au cœur des décisions politiques ?».

La méthode participative : une citoyenneté vivifiée

Sans apporter de réponse toute faite à un problème complexe, on peut trouver des réponses dans les idées de nos voisins. La démocratie participative est un mode de gestion qui fait de plus en plus d’émules. Plusieurs grandes villes de France s’y sont mises avec cette même envie : faire comprendre au citoyen que leur avis peut faire société.

C’est le cas de la ville de Rennes, qui lance cette année son 3ème budget municipal participatif. La capitale bretonne suit ainsi 44 autres villes de l’hexagone comme Paris, Metz, Arras ou …Lanester. Ce mode d’implication du citoyen a vu le jour en 1989 au Brésil à Porto Alegre et n’a cessé de se répandre sur le globe depuis. Cela peut toucher les plus grandes villes, comme les petites villes de campagnes, voir même uniquement quelques quartiers urbains.

Sur l’exemple rennais, on remarque qu’en 2017 la participation citoyenne était en hausse par rapport à l’édition de 2016 qui avait attiré 11 500 votants et retenu 44 projets sur les 235 projets proposés. Cette année lors de la 3ème édition, c’est 234 projets proposés au vote pour 28 projets retenus et une participation en hausse avec 16 370 votants. L’outil numérique et le vote en ligne ont participé à la forte mobilisation, même si des lieux de votes physiques, des « agoras », avaient été organisés dans l’ensemble de la ville. Chaque projet étant défendu par un porteur de projet qui fait campagne auprès des votants dans les quartiers.

Rennes : une dynamique encourageante 

La méthode de vote est simple : chaque rennais(e), sans distinction d’âge ou de nationalité peut s’exprimer sur ses dix projets préférés, pour un total de 3,5 millions d’euros. Le coût individuel des projets allant de la gratuité à 500 000 euros.  Les deux ou trois projets ayant obtenus le plus de voix sur l’ensemble de la commune sont validés et il en est de même pour les quartiers.

Sur les 28 projets, 25 concernent les quartiers municipaux (entre 2 et 3 projets par quartier), 3 enfin concernent l’ensemble de la commune : lieu d’accueil pour les sans-abris, une bagagerie collaborative ou encore un lieu culturel consacré aux jeux-vidéos.

Les projets dans les quartiers sont variés, allant de la simple création d’espace d’échanges (boîtes à dons) aux travaux d’urbanisme, sans oublier les aménagements d’espaces végétalisés. Ce sont des actions concrètes pour améliorer la vie des rennaises et des rennais au quotidien.

L’intérêt notable des habitants pour les budgets participatifs et pour la démocratie participative de façon plus globale, doit amener chaque municipalité à s’interroger sur la possibilité de mettre en place ce genre d’exercice. Bien sûr, il reste la question des échelles (ensemble de la ville, un ou plusieurs quartiers) et le type des projets financés. Aujourd’hui, le lien entre le citoyen et l’action publique doit être renoué. La démocratie participative n’est pas sans défaut, mais elle reste positive. Alors, on s’y met ?

Loïck Mercier

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