Le Bureau des temps, à défaut de pouvoir le contrôler, la métropole rennaise s’adapte !

Créé en 2002 par Edmond HERVÉ alors maire de Rennes, le Bureau des temps propose à l’échelle de Rennes métropole d’adapter son offre pour permettre à chacun d’accéder aux services proposés. Pour s’adapter à nos rythmes de vie aussi chargés que diversifiés, le Bureau des temps s’ingénie à apporter des réponses au plus près des citoyens. Il organise régulièrement des conférences ouvertes à toutes et tous pour traiter de cette question si difficile du temps et de ce que nous en faisons. De nombreux spécialistes réfléchissent sur des moyens de concilier nos temporalités. Mais le Bureau des temps, ce sont avant tout des réalisations concrètes pour répondre aux problématiques du quotidien. Les enjeux sont triples : 

  • Agir pour plus d’égalité sociale

Centre/ périphéries, hommes/ femmes : les inégalités sont criantes et se dessinent à cette vue une scission entre ceux qui ont accès aux services et ceux qui en sont privés du fait d’horaires atypiques. À Rennes, la ville a modifié les horaires d’intervention des agents d’entretien, souvent des femmes, pour leur faciliter le quotidien. Le dialogue avec les entreprises a conduit plusieurs d’entre-elles à suivre cette même voie. La question d’une garde d’enfant adaptée aux emplois du temps incompatibles avec le système scolaire se pose aussi et fait l’objet de consultations pour apporter une solution et éviter que ne se creusent davantage des inégalités déjà trop importantes.

  • Rendre le territoire plus fluide

50 mn. C’est le temps passé en moyenne par jour pour le trajet domicile-travail. Rennes métropole, c’est plus de 450 000 habitants et une grande partie de ce petit monde se côtoie à l’heure de pointe dans les transports en commun ou dans les bouchons de la rocade. Bien avant que le Covid ne nous fasse craindre les métros bondés et les bus surchargés, la Métropole a cherché à répondre à cet engorgement. Pour cela, elle a par exemple travaillé avec l’Université Rennes 2 pour adapter les horaires de cours et éviter ainsi la ruée de tous en même temps au même endroit. Gérer le temps, c’est aussi gérer les flux.

  • Répondre aux contraintes d’un monde aux ressources finies

Avoir des infrastructures de loisirs c’est bien, pouvoir y avoir accès, c’est mieux. Tout le monde n’est pas en mesure de se rendre à la piscine, au musée, à la bibliothèque si celles-ci se calquent sur le modèle 9h-17h. Pour cela, une adaptation de l’offre s’impose pour concilier respect des agents et accessibilité au plus grand nombre.

Penser le temps c’est penser son territoire. Le temps est un bien précieux. La situation actuelle ne nous le rappelle qu’avec plus d’acuité. Pour vivre sa vie, il faut vivre sa ville ; et pour cela chaque territoire doit rompre avec une temporalité exclusive. Ce n’est pas qu’au citoyen de s’adapter à son territoire, mais aussi au territoire (et donc à nos élus) de s’adapter à ses citoyens.

Sarah JORON