Communiqué de la Fédération du PS 35 : « Réforme de l’assurance-chômage : brutale, injuste et inefficace »

La réforme de l’assurance chômage entrée en vigueur le 1er novembre est la plus brutale et la plus injuste depuis 25 ans, durcissant les conditions d’accès pour accéder à l’assurance-chômage ou au rechargement des droits pendant la période de chômage, révisant à la baisse les règles d’indemnisation chômage.

Le Gouvernement ne laissant rien au hasard dès qu’il s’agit d’anticiper les coûts électoraux d’un recul social, la principale baisse des allocations qui touchera 850 000 personnes n’entrera en vigueur que le 1er avril 2020, soit 8 jours après les élections municipales.

Si le Gouvernement a essentiellement pour objectif de réaliser une économie de 3,4 milliard d’euros sur 2 ans au détriment des demandeurs d’emploi et des travailleurs précaires, cette réforme porte également une vision ultra-libérale et datée du marché du travail qui considère que ces derniers sont coupables de ne pas trouver un emploi stable étant trop confortablement indemnisés par l’assurance-chômage.

C’est oublier qu’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé et que la moitié des 2,6 millions de chômeurs indemnisés touche en moyenne moins de 860 euros par mois, soit moins que le seuil de pauvreté ; c’est omettre qu’en agissant de manière précoce sur les facteurs de précarité, le retour à un emploi stable des chômeurs et des travailleurs pauvres est facilité, non le contraire.

Alors que près de 400 000 personnes sont passées en 2018 sous le seuil de pauvreté, annihilant en une année les progrès obtenus lors du quinquennat précédant, le Gouvernement prend le risque inconsidéré de créer une véritable trappe à pauvreté qui fragilisera encore plus la cohésion sociale durement éprouvée depuis 2017.

En réalité, cette réforme marque l’échec du Gouvernement sur le front de l’emploi : si statistiquement le chômage baisse, seuls 21% des sorties d’inscription à Pole emploi le sont du fait d’une reprise emploi déclarée, les 79% restant étant notamment dues aux cessations d’inscription pour défaut d’actualisation ou aux radiations administratives.

Les taux de chômage et de pauvreté étant bien plus faibles en Ille-et-Vilaine que sur le territoire national, les responsables du parti présidentiel seraient bien inspirés d’analyser les facteurs d’attractivité de nos territoires, notamment l’action des élus et acteurs locaux, démarche sans nul doute plus utile à nos concitoyens que la diffusion de galimatias prétendument progressistes.

Les socialistes d’Ille-et-Vilaine appellent le Gouvernement à renoncer à cette réforme et à mettre en œuvre des solutions adaptées : généraliser le dispositif Territoires 0 chômeurs de longue durée, renforcer le malus sur les contrats courts pour faire du CDI la norme du contrat de travail, réguler l’activité des plateformes numériques qui sont de véritables fabriques à travailleurs pauvres, expérimenter le revenu de base comme le proposent 18 Départements, compléter l’arsenal législatif de mesures permettant de préserver l’emploi, renforcer le service public de l’emploi. »

Christophe FOUILLÈRE
Premier secrétaire fédéral

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