Conforter la SNSM

Article publié dans le Cap Finistère n°1287 du 8 novembre 2019
Le 7 juin dernier, alors que soufflait la tempête Miguel, trois sauveteurs de la SNSM trouvaient la mort en intervention au large des Sables d’Olonnes. Dès le 19 juin une mission commune d’information du Sénat sur le sauvetage en mer et la sécurité maritime était créée. Elle a rendu son rapport le 22 octobre
« C’est dire si nous n’avons pas perdu de temps », souligne Maryvonne Blondin, sénatrice du Finistère, qui, comme son collègue Jean-Luc Fichet, faisait partie de la vingtaine de sénatrices et sénateurs qui composaient cette mission. « Pour rendre notre rapport, nous nous sommes appuyés sur les témoignages recueillis à l’occasion de plusieurs déplacements dans des stations SNSM, sur les auditions que nous avons menées avec tous les acteurs du sauvetage en mer, et notamment le préfet maritime de l’Atlantique mais aussi sur les conclusions des travaux réalisés par Chantal Guittet qui s’était penchée sur ce sujet en 2016 et avait publié un rapport parlementaire », précise Maryvonne Blondin. 
La Commission a formulé une trentaine de propositions visant à améliorer le fonctionnement de l’association et à replacer les bénévoles et les groupes locaux au coeur de la SNSM. 
Contrairement à ce qu’avait voulu faire croire Richard Ferrand en 2016, ce n’est pas l’instauration d’une taxe sur les grands yachts qui permettra de trouver une solution de financement pérenne pour la SNSM. 
La SNSM a besoin d’une programma­tion financière à long terme, concertée avec l’État et les collectivités locales et régulièrement révisée, pour faire face au nécessaire renouvellement de la flotte. 
La mission demande que soit mis fin à l’obligation pour les bénévoles des stations locales de payer 25 % du prix de leurs canots. L’État doit assumer cette charge d’investissement, au titre de la mission de service public confiée à la Société Nationale de Sauvetage en Mer (SNSM). 
Elle considère que tout doit être fait pour inviter l’ensemble des Français au soutien des Sauveteurs en mer. Pour cela, il serait contreproductif de créer de nouvelles taxes. Elle se prononce pour des actions de solidarité et de sensibilisation : renforcement des obligations d’assurance des bateaux et engins nautiques, contribution volontaire à l’achat de ces équipements par les particuliers, réaffectation de taxes existantes. « En effet, en discutant avec les bénévoles nous nous sommes rendu compte que la nature des interventions évoluent en fonction des équipements nautiques qui arrivent sur le marché », indique Maryvonne Blondin. 
La balle est maintenant dans le camp du gouvernement et surtout de la direction actuelle de la SNSM qui doit rapidement prendre les mesures nécessaires pour rendre son fonctionnement interne plus transparent et plus démocratique et donner aux bénévoles la place qui leur revient.

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