Édito pour Le Rappel du Morbihan n°169

Premier secrétaire fédéral

D’un côté, un pouvoir qui proclame réformer, de l’autre, des Français mécontents, en colère, même parfois contre des projets, des discours qui remettent en cause ce qui fait France. Voila la situation dans laquelle nous sommes au terme de cette première année au pouvoir du Nouveau Monde.

Mais à y regarder de plus près, ce Nouveau Monde tire surtout sur les grosses ficelles de l’Ancien Monde. Un nuage de communication pour masquer des insuffisances bien réelles. Car les projets de lois qui s’enchainent sur les bureaux des 2 assemblées ont tous des titres ronflants et optimistes  à la lecture des dossiers de presse de ce gouvernement de droite ...

Or, les Francais savent désormais à quoi s’en tenir : pour la relance du pouvoir d’achat, c’est feu vert pour les très riches, mais rien pour les autres, si ce n’est une CSG en hausse pour tous et en particulier les retraités. La conséquence est immédiate. Le retour à la croissance qu’avait initié le gouvernement précédent est sapé par l’actuel, les chiffres du premier trimestre 2018 le disent clairement hélas.

Quand au deuxième trimestre, il est d’ores et déjà plombé par une protestation sociale qui n’en finit pas. Les plus fins limiers de l’hexagone seraient sur le coup, mais personne ne trouve, il n’y a pas de lien entre les 2 sujets : le service public ferroviaire et le statut des cheminots

La suite ne sera guère mieux. Sur l’apprentissage et la formation professionnelle, le choix plus ou moins assumé est de renationaliser ces politiques, alors que l’Etat n’a pas les moyens pour agir. En proclamant un droit individuel à la formation sans lien avec le système économique, ce droit ne sera plus utilisable que par les plus favorisés du système, nos «amis» les premiers de cordée. Car un droit dans l’économie doit être un droit économique. Ce ne sera plus le cas demain. 

Les socialistes doivent reprendre leur mission première de penser « la production », déterminer le modèle économique le plus à même de créer de la richesse et, « en même temps », de la répartir au mieux. Hier, ce débat revenait à déterminer la juste rémunération de ce travail. Demain, cette réponse ne suffira plus. Il faudra peser sur l’organisation même de tous les droits économiques qui pèsent sur la condition de nos concitoyens.  

Les amis de M.Macron ont fait le choix d’ignorer ces réalités, ils nous trouveront sur leur chemin pour les affronter et rétablir la justice entre et pour tous.