L’Europe face au défi environnemental. Des outils financiers à mobiliser

Selon un récent sondage Opinion Way, 37% des Français pensent que les politiques environnementales devraient être menées à l’échelle européenne pour être efficaces. Jean Jouzel et Pierre Larrouturou, qui sont à l’initiative du Pacte Finance Climat, estiment quant à eux que l’Europe est la dernière chance pour sauver le climat. Le coût de notre inaction sera bien plus élevé que celui des investissements à réaliser.

Des avancées

Le programme LIFE (L’Instrument Financier pour l’Environnement) a par exemple libéré un budget de 3,14 milliards d’Euros pour la période 2014-2020. Ce programme finance notamment le réseau Natura 2000. Les États membres de l'UE se sont engagés à verser près de la moitié des ressources du Fonds vert pour le climat (ONU), pour orienter les ressources financières vers les pays en développement. Le Fonds vert vient de débloquer 1 milliard de dollars sur un objectif de 10 milliards à atteindre d’ici 2020. Mais on est loin de l’objectif avec une inquiétude sur l’engagement des Etats-Unis.

Des perspectives

Il nous faut changer nos modes de consommation, nos choix techniques et notre organisation de l’espace. Il nous faut aussi décarbonner notre économie. Mais cela ne peut se faire au détriment des plus faibles. Pour prendre la mesure de la situation, selon le Giec, 2 400 milliards de dollars d’investissements annuels seront nécessaires jusqu’en 2035 pour transformer les systèmes énergétiques, soit 2,5% du PIB mondial ! Parmi les solutions envisagées il y a la réorientation de l’épargne pour que les infrastructures et technologies bas carbone soient le support d’actifs financiers de long terme. L’autre solution réglementaire serait de taxer le carbone au niveau de tous les pays.

Après avoir proposé un éco label européen pour les produits financiers afin de mettre en avant les placements favorables au climat, la commission européenne a publié cette année des textes visant à transformer les pratiques financières au sein de l’Union. Un des objectifs est de créer une « taxonomie », un référentiel de ce qui est vert ou pas pour construire un marché unifié de l’investissement durable et lutter contre les affichages trompeurs. Il est aussi proposé d’obliger tous les investisseurs et les consultants à une transparence sur les produits financiers utilisés, avec des indices de référence pour mesurer la performance financière et l’obligation d’interroger les clients sur leurs préférences en matière de développement durable. Les textes prévoient aussi la création de nouveaux indices, bas carbone ou à impact carbone positif ; outils homogènes des performances climatiques et financières des entreprises comme des portefeuilles pour les investisseurs désireux d’aligner leurs stratégies sur l’Accord de Paris.

Une catastrophe imminente si rien n’est fait

Nous devons en urgence développer une économie régulatrice basée sur le long terme. Pour cela une mobilisation forte de la société, une implication des acteurs, et une volonté politique sont nécessaires. A chacun de nous d’y prendre part.

Jean-Louis MILÈS

Pour aller plus loin :

HUIT PROPOSITIONS POUR LA RÉUSSITE DU SOMMET SUR LE CLIMAT, Note de Benoît Calatayud et Maxime Durande  pour la Fondation Jean Jaurès 

Climat : la Banque mondiale prône la généralisation de la taxe carbone, Les Echos, 20 septembre 2018

Les socialistes lanestériens en faveur d’un pacte finance-climat européen

Pacte finance-Climat, Soutien de la commune de Lorient