Extrême droite et écologie : une conception étriquée incompatible avec un défi universel

Lier extrême droite et écologie pourrait paraître complètement anachronique tant l’écologie a longtemps été l’apanage visible de personnes souvent de gauche promouvant entre autre, le respect de notre environnement, la nourriture bio. et le rejet de l’agro-industrie.

Une vision étriquée de l'écologie

Mais la défense des circuits courts, un des fondamentaux défendu par l’écologie « classique » a été conceptualisée par l’extrême droite. Elle a dérivé par leurs soins sur une notion dévoyée appelée localisme. L’extrême droite a recyclé la notion de qualité, de produits sains, avec une défense du local, relié écologie et patriotisme, et justifié aussi dans ce contexte le rejet de la PMA, et celui du mariage homosexuel.

L’objectif est de séduire autrement une proportion des électeurs, celle qui se replie sur soi, sur ses racines et rejette les étrangers. L’immigration avec ce nouveau concept déséquilibre notre écosystème social et culturel.

Deux personnages promeuvent et défendent au sein du RN cette forme d’écologie identitaire et anti libérale. Il s’agit d’Hervé Juvin et de Philippe Olivier, beau-frère et nouveau conseiller de Marine Le Pen. Ils sont tous deux récents députés européens. Leurs parcours et leurs récentes actualités, que je ne peux détailler ici tant ils sont infinis, font l’objet de revirements, de trahisons, et de malhonnêtetés violentes sans aucune limite.

Une conception anachronique face à un enjeu universel

La pollution ne connaît cependant pas de frontière et la notion de préservation de l’environnement ne peut se concevoir limitée à la nation. La conception non universaliste et non humaniste de l’extrême droite rencontre alors ses limites car elle est en contradiction avec une réelle conception écologiste.

De plus, la récupération de ces idées est en contradiction avec la défense des agriculteurs qui sont nombreux à se tourner vers le RN. C’est pourquoi la majorité des députés européens RN ont voté contre les amendements anti-pesticides, et contre l’interdiction des néonicotinoïdes tueurs d'abeilles.

De fait, la défense de l’écologie n’est encore que partiellement et ponctuellement défendue au sein du RN.

Défendre une écologie qui serait ni de droite ni de gauche, entretient une grande confusion. Cette confusion des valeurs laisse un espace pour le développement de thèses et de conceptions réactionnaires et conservatrices de la société telles que celles défendues par l’extrême droite. Le chemin n’est pas long entre patrimoine et ultranationalisme, entre naturel et pureté et entre local et racisme.

Nous devons toutes et tous être vraiment attentifs à ce que la récupération des valeurs écologistes et humanistes par l’extrême droite ne puisse jamais prospérer.

Jean-Louis Milès

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