Un futur recomposé

Au sortir de la séquence électorale de 2017, ce qu'il restait des socialistes restés adhérents du parti du même nom étaient des pestiférés. Trahison pour les uns, impuissance pour les autres, déni de réalité post-moderne pour les derniers, c'est-à-dire ceux qui se sont accrochés à leurs petits postes sous le joug macronien.

Dans l'esprit de beaucoup de nos concurrents à gauche, l'élection européenne devait être celle de notre élimination du système politique et c'est en ce sens que dialoguaient loin de nous les leaders de cette gauche.

Le revirement politique n'en est que plus brutal. 

Parce qu'enfin clairs, parce que constants, parce que fermes dans la volonté de dialogue et de rassemblement, les socialistes ont retrouvé une écoute pour éviter la purge et passer par le purgatoire.

Ce faisant, nous avons renoué avec notre tradition sociale, qui n'est pas celle du renoncement face au règne de la pensée libérale. Dès lors, la mécanique s'est facilement installée d'une nécessaire jonction entre les combats sociaux et les combats écologistes.

Sur ce positionnement simple, nous avons donc posé des prémices qu'il faut évidemment creuser et travailler. Car nos vieux démons nous guettent : beaucoup dans nos rangs se contentent de discours de patriotisme d'organisation qui flattent les militants, mais qui ne touchent qu'une infime minorité d'électeurs. Beaucoup d'entre nous rêvent encore de redevenir ce parti hégémonique qui pouvait organiser seul l'alternance politique. Or ces histoires sont celles du passé.

Car notre ambition est bien de refonder un camp politique et pas uniquement

notre vieille maison socialiste. Pour la première fois depuis 30 ans, nous avons dû convaincre nos électeurs uniquement sur la base de notre proposition politique. Nous n'y sommes guère habitués, mais cela nous a ramené à la réalité de notre influence dans le débat d'idées. Or, cette place est bien trop faible à ce stade et nécessite un puissant effort et sur le fond, et sur la modernisation de notre organisation interne.

Ce combat dépasse du reste le terrain hexagonal. Comment ne pas constater l'impasse de la stratégie du SPD en Allemagne ? Comment ne pas voir que les socio-démocrates polonais sont rongés par l'usure du passé face à des forces nouvelles, incarnées par Robert Biedron, qui vient de rejoindre le groupe du PSE au Parlement Européen ? Comment ne pas voir enfin l'échec de Corbin en Grande-Bretagne, incapable de s'engager pour l'Europe dans la campagne Britannique ?

Pour la première fois depuis 20 ans, le réenchantement à la politique d'une génération de nouveaux électeurs s'est fait par une autre voie que celle de la haine et du rejet de l'autre. Cette voie écologique a profité à ceux qui en sont un emblème simple à identifier, à défaut d'être les plus pertinents sur ce sujet.

Un Parti Socialiste 2.0 entouré d'alliés neufs, sur une ligne clairement sociale et franchement écologiste, s'inscrivant enfin dans une démarche de structuration d'une force socialiste européenne, voila une perspective passionnante pour notre génération militante.

Au travail, au combat !

 

Maxime PICARD - Secrétaire national adjoint aux Études électorales

Premier secrétaire fédéral

Journal de la fédération du Parti Socialiste