Glyphosate : protéger la santé publique et l’intérêt général ne devrait pas attendre

La société Monsanto vient d’être condamnée récemment à payer 289 millions de dollars pour défaut d’information sur les dangers du Roundup et fait l’objet de 8000 procédures en cours aux Etats Unis.

Dans le même temps, le Gouvernement français se distingue par son inaction sur le sujet.

Une situation désastreuse

Ainsi, seule la législation européenne s’appliquera en France à l’identique des autre pays européens pour une interdiction prévue du glyphosate dans encore 5 ans. Signalons que le glyphosate est notamment soupçonné d’agir comme un perturbateur endocrinien. Et après nos bières, c’est dans les couches bébé que des études trouvent désormais des traces de glyphosate.

Chaque année, 71 millions d'euros de crédits publics sont accordés aux agriculteurs dans leur transition vers le "sans pesticide".  Pourtant malgré deux plans Ecophyto qui ont été lancés depuis 2008, l’usage de pesticides en France a augmenté de 12% entre 2014 et 2016. Les lobbies protègent leurs intérêts et influent pour poursuivre une agriculture productiviste bas de gamme. Et s’il fallait une raison de plus pour nous en détourner, ce modèle n’est pas adapté à notre pays car nous ne serons jamais compétitifs sur ce segment de marché.

Action politique à mener

Malgré l’urgence et la nécessité d’actions fortes justifiées entre autres par les menaces sur la santé publique, les décisions politiques actuelles sont entravées. De ce fait, elles ne sont  ni vraiment efficaces, ni à la hauteur des enjeux. Ce constat fait par Nicolas Hulot l’a conduit à démissionner du Gouvernement.

Pour nos députés nationaux et européens, il s’agit donc de saisir toutes les opportunités afin de s’opposer aux intérêts dangereux des multinationales et rejeter un modèle agricole non respectueux de notre santé. La décision du tribunal de justice condamnant Monsanto et la prise de conscience de l’opinion en est une. La démission de Nicolas Hulot peut en être une autre. C’est aussi le sens de l’appel de notre 1er secrétaire Olivier Faure à La Rochelle pour un combat commun de la gauche pour, entre autre, interdire sans délai le glyphosate.

Une autre voie existe 

Des études montrent que l’agriculture biologique est un moyen efficace pour réduire l’utilisation des pesticides de synthèse. Il est urgent, pour cela, de retrouver un modèle agricole moins productiviste, moins dépendant des pesticides et des multinationales agroalimentaires. Lors des Etats généraux de l’environnement, Dominique Potier, député PS de Meurthe et Moselle, avait fixé l’objectif d’une production agricole constituée pour 1/3 de produits bio, 1/3 de produits conventionnels et 1/3 de produits à haute valeur environnementale prenant en compte par exemple la qualité de l’eau, l’utilisation des sols,…

Pour nous même, notre santé, et l’avenir de nos enfants, développer et soutenir ces alternatives est plus que jamais urgent et nécessaire !

Un espoir déçu – Les États Généraux de l’Alimentation :

Les Etats Généraux de l’Alimentation, qui s’étaient tenus à l’été 2017, avaient pour objectif de « réconcilier consommateurs et paysans au sein d’un pacte pour une agriculture diversifiée ». Le résultat est malheureusement très loin des espérances avec des mesures bien loin de pouvoir réaliser un tant soit peu l’objectif fixé. Ainsi, du fait de l’action conjuguée du ministre de l’agriculture Stéphane Travert et de ses soutiens l’amendement du député LREM Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot pour interdire le glyphosate  sous 3 ans a été rejeté au printemps dernier.

Pourtant il est plus que jamais nécessaire de conduire sans délai une transition agricole et alimentaire pour le bénéfice de tous. 

Jean-Louis Miles 

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