Jean-Luc Mélenchon : Une vision inquiétante de la liberté de la presse

Crédits : AFP Anne-Christine POUJOULAT

« Ma personne est sacrée », « La République c'est moi », autant de phrases lancées par le leader hégémonique de La France Insoumise lors de la perquisition de son domicile et des locaux de son parti fin octobre dernier. L'homme est un habitué des sorties violentes.Il ne s'agit pas de se lancer dans une analyse de la dernière "sortie de route" du chef des Insoumis, bien qu'il y ait beaucoup à dire, sur le fond comme sur la forme. Mais on peut noter une sorte de "deux poids, deux mesures" dans la relation de Jean-Luc Mélenchon avec les médias, mise en lumière avec cet événement.

Mélenchon, l'art de la mise en scène pour plaire

Le chef de la France Insoumise a souvent la même stratégie médiatique, consistant à crier haut et fort son message, à le répéter sur tous les plateaux de télévisions, dans les colonnes des différents journaux. Il se met en scène de manière constante, sa personnalité politique n'est construite que sur la mise en avant de cette image médiatique. Toujours à trouver le mot le plus dur, la critique la plus acerbe envers tel ou tel personnalité ou position politiques. Les médias étant ici des "alliés" volontaires ou non de cette médiatisation à l'extrême. Jean-Luc Mélenchon a cruellement besoin des médias pour exister, pour briller, pour mettre en avant un discours et un personnage politique. Néanmoins le leader des Insoumis est bien ingrat avec les médias qui servent sa communication, quand ceux-ci, et c'est bien normal, le mettent face de ses contradictions les plus claires.

Une liberté de la presse à géométrie variable

Mélenchon montre néanmoins avec cette affaire une facette plus noire de son personnage. Un personnage qui s'en prend violemment à la presse et qui démontre même un côté inquiétant dans sa manière de percevoir la démocratie et le rapport que doit avoir la presse vis-à-vis du pouvoir. Peut-être même que le leader insoumis appelle au complot d'Etat ou encore à une presse aux ordres du pouvoir, car c'est ce qu'il aimerait faire s'il s'installait à l'Elysée. La dérive autoritaire du personnage est de plus en plus visible et les masques tombent depuis que France Info a révélé son enquête sur les comptes de compagnes du candidat de la France Insoumise.

Les mots sont forts : "abrutis", appelant même à "pourrir" les journalistes. Par cet appel à la haine et à la violence, le leader insoumis et ses soutiens comme Sophia Chikirou dévoilent une preuve, s'il en fallait encore, du peu de cas qu'ils font de la liberté de la presse et du respect de sa neutralité. Madame Chikirou a même avoué ne pas éprouver "de compassion sincère" envers les journalistes agressés, appelant dans la foulée à s'informer désormais sur les réseaux sociaux plutôt que dans les médias traditionnels, tant pis pour les Fakes News.

Il discrédite la fonction qu'il occupe, sa personne, son discours et sa formation politique. Cela montre aussi le rapport compliqué avec la presse, d'une partie de la gauche radicale. Quand tout va bien la presse est une amie, quand tout va mal c'est l'ennemie. Ce discours se paye souvent très vite, même dans sa formation politique. C'est la liberté de la presse qui est sacrée et non Mélenchon.

 

Loïck MERCIER

EN COMPLÉMENT :


Mélenchon n'appellera pas à voter Macron pour garder pour lui ses millions d'électeurs populistes, Henri WEBER, 28/04/2017


La haine des médias ou la démocratie ?  Roger Martelli, 21 octobre 2018