Le Télégramme / Gabrielle SIRY : Union de la gauche aux Européennes. « Nous ne perdons pas espoir »

Gabrielle Siry, la porte-parole du PS.
Gabrielle Siry, la porte-parole du PS. (Lionel Le Saux/Le Mensuel de Rennes)

 

 

Après le retrait de Ségolène Royal de la campagne des Européennes, Gabrielle Siry, la jeune porte-parole du PS, qui a grandi à Rennes, continue de croire à une union de la gauche, en appelant les partis à un « réflexe de survie ». 

Fin décembre, Yannick Jadot a rejeté la proposition de Ségolène Royal d’une alliance entre le PS et EELV. Le 7 janvier, c’était au tour de Benoît Hamon (Génération(s))… Franchement, croyez-vous encore à la constitution d’une liste d’union de la gauche aux Européennes ?

On regrette beaucoup que cela n’aboutisse pas. Mais nous espérons encore un réflexe de survie de la gauche. D’autant plus que nous n’achoppons pas sur des raisons de fond mais sur des questions d’ego. L’extrême droite caracole en tête des sondages. Elle semble être la seule à bénéficier du rejet de cette Europe libérale que nous combattons. Dans ce contexte, nous avons la responsabilité de nous allier pour proposer une alternative crédible. En se retirant, Ségolène Royal a sûrement voulu créer un électrochoc.

Cela n’a pas marché. Hier lundi, Yannick Jadot a justifié son refus d’une alliance qu’il assimile à de « la tambouille politique »…

Pourtant, en 2007, lorsqu’il était à la tête de Greenpeace, il avait estimé que le programme (à la présidentielle) de Ségolène Royal était le plus crédible en matière écologique. Ségolène Royal n’est donc pas devenue écologiste par opportunité.

Il est aussi inexact de dire que le PS et les écolos n’ont pas adopté les mêmes positions au sein de l’UE. Nous nous sommes retrouvés sur plein de sujets. Aujourd’hui, nous serions en capacité de nous accorder pour proposer une alternative.

Faute d’une union, Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, a déclaré qu’il n’excluait pas d’être tête de liste. Il est déjà député et chef de parti, ce n’est pas idéal ?

Non, ce n’est pas idéal, mais nous ne perdons pas espoir. Des discussions se poursuivent, notamment avec Place publique.

Certaines formations ont confié leur tête de liste à des jeunes candidats. À 28 ans, pourquoi ne brigueriez-vous pas celle du PS ?

Le renouvellement ne doit pas se cantonner à la tête de liste. Après, ce n’est pas à moi de trancher cette question. À ce stade, je ne suis pas candidate.

Quelle serait votre priorité au sein de l’UE si vous étiez élue en mai ?

Faire financer la transition écologique par les particuliers pose un problème social. Or, il apparaît que les investissements du secteur financier continuent d’aller vers les énergies fossiles. Réguler cela pour que cette manne considérable aille vers l’écologie constituerait à la fois une réponse à l’urgence climatique et à la crise des gilets jaunes.

Olivier Faure appelle à l’union des progressistes et des écologistes. Yannick Jadot aussi. En Bretagne, Jean-Yves Le Drian a également appelé les progressistes à se fédérer. Le rassemblement des progressistes est une idée en vogue…

Non ! Cela n’a rien à voir ! Jean-Yves Le Drian veut refaire un LREM en Bretagne. Nous, nous appelons à l’union de la gauche. On ne va pas nous refaire le coup deux fois en moins de deux ans.

Article publié le 15 janvier
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Publié dans Actualités, Décryptages, Européennes 2019, Parti Socialiste, Publications divers et avec comme mots clés , , .