Maxime PICARD : intervention au Conseil national du PS – 24 juin 2017

 

Merci chers camarades. Je ne vais pas remercier les gagnants, les perdants, mais ceux qui sont encore dans la salle.

Quand un premier fédéral de Bretagne monte à la tribune d’un Conseil national, ce n’est jamais très bon signe, c’est qu’il y a forcément un peu de difficultés dans la maison, et il va forcément vous parler de démocratie et de décentralisation.

On a arbitré une position que j’ai fini par voter, même si j’aurais préféré qu’on fasse confiance à notre groupe parlementaire, car c’est un vrai signe de confiance à notre groupe et à nos concitoyens, qui ont sanctionné aussi ce qu’ils considèrent être la vieille politique. Alors, ils ont parfois tort, parce que le team Macron, Mélenchon, ou Le Pen, je ne suis pas certain que ce soit le format politique qui m’intéresse. Je préfère les aventures collectives, pour autant, les Français nous disent que nos vieux fonctionnements sont périmés. Donc, ils vont avoir le sentiment que notre instance, avec ses forces et ses faiblesses en termes de représentativité, reprend la main par rapport à leur vote, ils ont élu des parlementaires socialistes qui ont fait des campagnes en prenant des positions parfois difficiles. En Bretagne, le contexte a beaucoup pesé dans les campagnes de nos candidats, mais il va y avoir une difficulté démocratique majeure à la sortie de cette séquence. Deuxième difficulté démocratique avec la réponse qui me va bien, celle de la collégialité, parce que plus que jamais, nous avons besoin de sortir de nos logiques et revenir à des collectifs... Et c’est une communication qui doit être la nôtre. Nous sommes définitivement hostiles aux personnalisations. La démocratie passe par des aventures collectives.

La décentralisation de notre parti, d’abord, je veux dire que comme Breton, j’aurais pu dire la régionalisation de notre parti. Et avant-hier, le Conseiller régional que je suis a réélu un Président de région socialiste, de 40 ans, Président de l’union socialiste régionale, le Breis (se lit Breizh), et ça renvoie une belle image de ce que peut être notre parti politique. Il n’y a pas que des moments difficiles en ce moment, et nous l’avons élu sans difficulté parce qu’il rassemblait sa majorité et il fait consensus, il est membre du Conseil national suppléant, et c’est un jeune élu avec lequel nous allons pouvoir compter et construire.

Pour revenir au parti et sa décentralisation, il faut qu’on sorte de cette logique ultra-verticale de notre parti et il faut con er des responsabilités à d’autres échelons que l’échelon national. Nos travaux le décideront, mais dans des régions comme la mienne, c’est plus facile d’aller vers la régionalisation. Il y a peut-être des territoires où c’est peut-être moins évident, il faudra s’adapter aux réalités des territoires. Il y a des intercommunalités sur mon territoire, qui vont être les territoires d’actions, mais dans les grandes zones métropolitaines, ce n’est pas possible. Donc ces deux questions sont au cœur de la vie de notre parti.

D’abord, nous y croyons, à cette reconstruction, et nous allons évidemment refonder ce parti et réussir. Je ne crois pas du tout à ce discours défaitiste qui raconte la fin du mouvement socialiste, parce que, moi, les électeurs que j’ai vus en difficulté en campagne, ce sont quand même des électeurs socialistes qui m’interrogent, et qui m’interrogent sur la façon dont nous allons reconstruire notre parti. Moi, je vais reconstruire ma fédération avec tous ceux qui veulent le faire. Ceux qui ne veulent pas construire, dans ce parti, il y en a peut-être, ceux-là, je considère qu’ils ne pourront pas être de ce travail collectif. C’est la seule ligne de fracture que je connaisse, c’est la volonté de chacun de participer à sa place dans la construction de notre parti. Merci à vous.

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