Michel Rocard, Une grande figure de la République et de la Gauche en Europe, un an après sa disparition

Il y a un an disparaissait Michel Rocard

Le 2 juillet 2016, il y a un an, disparaissait Michel Rocard, une grande figure du socialisme réformiste. Il a marqué le Parti socialiste et la gauche de son empreinte et de quelques idées emblématiques qui ont conservé depuis une étonnante modernité. Son idée du parler vrai et sa volonté de décentralisation en particulier n’avaient rien à envier aux concepts dont usent aujourd’hui les tenants du renouveau comme ceux de l’horizontalité, qui tous réclament encore aujourd’hui une part de son héritage intellectuel.

Michel Rocard apportait des idées neuves dans le débat public mais aussi une nouvelle façon de faire de la politique. Engagé tôt, il portait haut l’idéal qui était le sien : penser une action publique efficace pour réduire les inégalités. Il incarnait en cela un socialisme moderne, reprenant à son compte le slogan de Jaurès nous invitant à aller vers l’idéal en comprenant le réel.

Il était également un homme de responsabilité avant d’être un homme d’État. Secrétaire général du Parti socialiste unifié (PSU) au moment de la création du Parti socialiste lors du congrès d’Epinal en 1971, il avait décidé de rejoindre la nouvelle organisation naissante afin de donner toutes ses chances à la gauche de gouvernement d’atteindre son objectif, rempli en 1981 avec l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République. Une personnalité singulière au service du collectif, tel était le maire de Conflans-Sainte-Honorine.

Il y a un an disparaissait l’un des grands penseurs qui ont traversé l’Histoire de la gauche. Pour tous les socialistes, Michel Rocard incarnait à la fois la conviction et la responsabilité. Non l’un ou l’autre, non l’un contre l’autre, mais l’un et l’autre. Cela fit de lui un homme d’Etat, un grand premier ministre, un grand premier secrétaire. Sans lui, il nous faudra nous appuyer sur les repères qu’il nous a laissé pour mener à bien la nouvelle re-fondation qui nous attend.

L’hommage du Parti socialiste à Michel Rocard /sur le site

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE / section de Vannes

À la veille de l’hommage national et de celui qui lui sera rendu au siège du Parti socialiste, les militants socialistes vannetais ont souhaité honorer la mémoire de Michel Rocard.

Homme intègre, courageux, clairvoyant et personnalité politique majeure, Michel Rocard était de ceux qui ont rendu les Français heureux de la gauche et des milliers de militants fiers d’être socialistes.

Lui rendre hommage, c’est en premier souligner sa singularité dès le début de son engagement, avec une opposition marquée aux dérives de la guerre d’Algérie et un soutien fondateur au mouvement humaniste de la décolonisation. C’est également retenir une approche novatrice pour penser les rapports entre l’économie et le social, entre les forces productives et la société, dont témoigne notamment son inlassable investissement pour faire reconnaître et développer l’économie sociale et solidaire. Sa mobilisation en faveur des équilibres écologiques, contre le réchauffement climatique et pour la protection des pôles, a confirmé jusqu’au terme de sa vie sa défense acharnée du bien commun. Européen convaincu et convaincant, il a toujours mis en garde contre les dangers populistes et affirmé sans cesse la force du jeu collectif pour peser dans la mondialisation, dans le respect du droit et des normes qui garantissent la durabilité de notre modèle de développement. C’est enfin une conception et une pratique de l’action publique qui restent une référence dans le sillon de l’exigence portée par Pierre Mendès-France.

Michel Rocard à la pensée flamboyante était un homme ancré dans la réalité qu’il a toujours eu pour ambition de transformer au service de l’intérêt général. Près de trente ans avant les débats animés sur les conditions et les moyens de la justice sociale et fiscale, il a ainsi été à l’origine de la création du RMI, rebaptisé aujourd’hui RSA, et de la CSG, dont l’assiette est constituée de tous les revenus, qu’ils proviennent du travail ou du patrimoine. Il est enfin un événement qu’il ne faut pas oublier tant il symbolise sa volonté de pacifier les relations entre Français : les accords de Matignon entérinant les droits de la Nouvelle-Calédonie à l’autodétermination et mettant fin aux violences sur l’île.

Tel était Michel Rocard, socialiste assumé et revendiqué, qui laissera une empreinte profonde dans la pensée et l’action politiques en France et en Europe. Il appartient désormais à chacun de nous de faire vivre sa mémoire et ses valeurs car elles demeurent d’une magnifique modernité.

Les militants de la section de Vannes du Parti socialiste


COMMUNIQUÉ DE PRESSE / section de Lorient

Les socialistes lorientais saluent la mémoire de Michel Rocard, leur camarade, qui fut le militant infatigable de la gauche réformiste, régionaliste convaincu et européen déterminé.

Premier ministre de 1988 à 1991, il créa le RMI et la CSG. Homme politique de premier plan, il a tout au long de son parcours politique, toujours développé une vision moderne de la France, soucieux de la qualité et du dynamisme de son économie, tout en ayant la préoccupation de la condition sociale de nos concitoyens.

Fervent défenseur du dialogue social et de la culture du compromis, il a tout le temps porté l’ambition d’une société apaisée ou chacun puisse trouver sa place.

Son engagement sur la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique et pour un développement durable aura marqué les dernières années de sa vie militante.

Pour tous les militants socialistes, ses interventions ou les débats auxquels il participait étaient toujours des moments de richesse intellectuelle et politique, mais aussi des instants amicaux forts et remobilisant sur la nécessité de construire un modèle de social-démocratie à la française.

Les socialistes perdent un immense militant qui aura marqué l’histoire du parti. Il restera comme un modèle militant qui aura porté haut la morale politique.

Bruno JAOUEN, secrétaire de la section de Lorient


L’hommage de la Fondation Jean Jaurès (FJJ)

Michel Rocard : disparition d’une figure de la gauche

Avec le décès de Michel Rocard, la gauche perd l’un de ceux qui, ces dernières décennies, l’ont le mieux servie. La Fondation Jean-Jaurès a voulu lui rendre hommage, en faisant témoigner ceux qui l’ont connu et en vous permettant de (re)découvrir son parcours et ses idées à travers ses nombreuses contributions faites à la Fondation.

Henri Nallet, président de la Fondation Jean-Jaurès

« Il était un homme d’Etat, d’abord préoccupé de l’intérêt général plus que de son propre avenir, fidèle à ses engagements éthiques, attentif à la réalité du monde et de la communauté dont il avait la charge, toujours attaché à l’analyse et à la raison. En tout cela, il me paraît, avec le temps qui est passé, être le grand successeur de Pierre Mendès France et reste donc pour nous tous un dirigeant politique dont les leçons méritent bien d’être énoncées, comprises et retenues. »
Découvrez le témoignage très personnel sur Michel Rocard et son rôle dans la vie politique française.

Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès 

« Michel Rocard est mort. Voici, au travers d’une première sélection de photos, vidéos, articles et discours, le premier hommage que lui rend la Fondation Jean-Jaurès – il y en aura d’autres car, avec l’association MichelRocard.org, nous avons entrepris, depuis plusieurs mois, de numériser son œuvre. »

À lire en complément via la FJJ :

La tribune de Daniel Cohen, président du Conseil d’orientation scientifique de la Fondation Jean-Jaurès, et de Gilles Finchelstein parue dans Le Monde (5 juillet 2016).

Un colloque autour du lancement officiel du site MichelRocard.org, prévu du vivant de Michel Rocard pour le 15 septembre prochain, correspondait à sa volonté de rendre accessible à tous sa pensée et son action politique : « Michel Rocard, une pensée, une action »

En décembre 2015, la Fondation avait publié les discours prononcés à l’occasion de la remise de la Grand Croix de la Légion d’honneur à Michel Rocard, qui avaient donné lieu à un essai : Rêveur réaliste, réformiste radical.

À la Fondation, Michel Rocard était venu présenter son ouvrage, Si ça vous amuse. Chronique de mes faits et méfaits, lors d’un débat de la Cité des livres en 2011.

Il avait également préfacé l’ouvrage de Henri Nallet, L’Europe gardera-t-elle ses paysans ?, publié par la Fondation et la Fondation européenne d’études progressistes à l’automne 2010.

À (re)lire également, l’ouvrage de Pierre-Emmanuel Guigo qui lui est consacré et qui a reçu en 2011 le Prix de la Fondation Jean-Jaurès : Le chantre de l’opinion. La communication de Michel Rocard de 1974 à 1981 (Ina Editions, 2013).

À l’occasion d’un colloque consacré à l’héritage et au bilan de la Deuxième gauche, organisé par la Fondation Jean-Jaurès avec la section PS de l’ENS les 14 et 15 février 2014, Michel Rocard et Pierre Rosanvallon se livrent à un dialogue passionnant, échangeant leurs points de vue sur un mouvement intellectuel et politique auquel ils ont eux-mêmes participé : « Regards croisés sur la deuxième gauche »


Décès de Michel ROCARD – Communiqué de l’Élysée.

Une grande figure de la République et de la Gauche vient de disparaître.

Michel Rocard ne dissociait jamais son action de ses idées. Il s’était engagé très tôt pour le socialisme. Un socialisme exigeant et moral. Un socialisme qui conciliait la part d’utopie sans laquelle il n’y a pas d’espoir et la part de modernité sans laquelle il n’y a pas de réussite.

Doté d’une personnalité exceptionnelle, il avait entrainé derrière lui de nombreuses générations et avait cherché à réformer et à apaiser la France. Sa méthode fut celle du dialogue, du compromis. Il nous inspire encore aujourd’hui.

Il a servi la République comme haut fonctionnaire avant de mettre ses grandes compétences dans l’exercice de ses mandats de parlementaire et d’élu local, comme maire de Conflans-Sainte-Honorine, de ministre, avant de devenir Premier ministre. Pendant trois ans, il aura apporté la paix en Nouvelle Calédonie, réformé le financement de notre système de protection sociale, instauré le Revenu minimum d’insertion et soutenu réellement l’Éducation nationale et la Recherche.

Michel Rocard avait une conception élevée de la responsabilité politique. Il tenait au « parler vrai ». Cette franchise a pu lui coûter pour accéder aux plus hautes responsabilités de notre pays. Mais c’était son honneur et sa fierté.

Michel Rocard était un rêveur réaliste, un réformiste radical, animé par le mouvement des idées, le sort de la planète et de la destinée humaine.

Jusqu’à son dernier souffle, il a continué à avancer des idées et à proposer ses solutions. Jamais il n’exprimait une nostalgie ou un regret. Seul comptait l’avenir.

Michel Rocard a réussi à être un homme d’Etat respecté, un intellectuel brillant et un militant fidèle à l’idéal pour lequel il avait très jeune décidé de consacrer sa vie.

J’exprime, au nom de notre pays, à son épouse Sylvie, à ses enfants, mes condoléances attristées et adresse à tous les amis de Michel Rocard, et ils sont nombreux, ma solidarité. Leur chagrin est à la mesure de la fierté qu’ils éprouvaient à le suivre.


Michel Rocard : L’homme qui pensait la gauche et la France

Communiqué du PS – Jean-Christophe CAMBADÉLIS, Premier secrétaire

Michel Rocard n’est plus et tous les socialistes pleurent le départ d’un peu d’eux-mêmes.

L’ancien Premier ministre était avant tout un homme de l’histoire du socialisme. N’avait-il pas combattu, il y a encore peu, pour que l’on renumérote le Congrès ?  Car nous sommes dépositaires d’une continuité.

Leader de l’UNEF avec le courant des minos très engagé contre la guerre d’Algérie, fonctionnaire dénonçant sous le pseudonyme de Servet la sale guerre, rompant avec la SFIO de Guy Mollet pour les mêmes raisons. Fondant avec Pierre Mendès France et Edouard Depreux le PSU, il en devient le Secrétaire général réalisant un score remarqué à l’élection présidentielle de 1969.

Michel fut l’un des fondateurs d’un courant original dans le socialisme français. Ce courant prit son envolée après 1974 et son retour au Parti socialiste via les Assises du socialisme qui virent la CFDT d’Edmond Maire et le PSU de Michel Rocard rejoindre le PS.

C’est au congrès de Nantes en 77 que Michel Rocard théorisa la seconde gauche, le « parler vrai » et l’autogestion. Il s’imposa ainsi comme l’autre gauche face à François Mitterrand. Le congrès mythique de Metz perdu par Michel Rocard ouvrit la voie à la victoire de Mitterrand et au second Rocard. Ce fut le temps de l’homme d’Etat et de gouvernement anticapitaliste mais comprenant l’économie. Il s’opposa aux concessions faites au PCF pour l’union de la gauche.

Ministre du Plan, puis de l’agriculture, il démissionna pour protester contre la proportionnelle. Premier ministre pro-européen, artisan des accords de Matignon, inventeur de la CSG, du RMI aujourd’hui RSA. Il devint sur le tard Premier secrétaire du PS, relançant ce dernier après la déroute de 1993 via les États généraux du Parti socialiste.

Michel n’a jamais cessé, tout au long de sa vie, de mêler trois réflexions : la gauche, la France, l’Europe. Dans la dernière partie de sa vie il s’empara de la question écologique. Imaginaire visionnaire mais réaliste, Michel Rocard avait rêvé d’un big bang socialiste permettant sa reformulation sans perdre ses repères.

Nous tenterons d’être fidèles à ses rêves et son imagination au service de la gauche.


Hommage de Terra Nova à Michel Rocard

Michel Rocard, ancien Premier ministre, immense figure de la gauche, est décédé samedi 2 juillet 2016 à l’âge de 85 ans. Terra Nova rend hommage à celui qui accompagna sa création dès les débuts, comme président de son conseil scientifique.

La disparition de Michel Rocard nous plonge dans une profonde tristesse. Il avait été le président de notre conseil scientifique et nous avait accueillis dans ses bureaux alors que nous n’avions pas encore de quoi payer notre loyer. Parce qu’il ne ramenait pas le souci de la chose publique aux étroites préoccupations d’appareil, il avait accueilli avec bienveillance le projet de fonder un lieu indépendant et lui avait d’emblée apporté un soutien enthousiaste et indéfectible. Par curiosité intellectuelle et goût de la discussion, il consacrait du temps avec une grande générosité au travail collectif et aux rencontres publiques.

Nous admirions le responsable politique, nous chérissions l’homme. Nous voulions poursuivre le chemin qu’il avait tracé en nous efforçant, comme lui, de conjuguer le réalisme et l’ambition, à l’échelle nationale comme à l’échelle de l’Europe. Comme lui, nous rêvions d’une gauche libérée des illusions révolutionnaires mais sans cesse tendue vers un horizon de justice ; capable de gérer les affaires publiques mais sans perdre le goût de l’avenir ; porteuse d’une haute idée de l’Etat et de la volonté politique, mais toujours consciente que le pouvoir est en même temps partout où se trouvent, dans la société, des femmes et des hommes prêts à s’organiser pour agir collectivement et prendre leur destin en main. Le rocardisme n’est pas le synonyme d’un réformisme appauvri, réduit à la verticale du pouvoir, à la magie des programmes et à la science des experts : il fait cause commune avec l’idée que la démocratie est aussi une forme de société et que le gouvernement des hommes ne doit jamais s’abîmer dans la simple administration des choses.

Ce chemin n’est pas le plus facile, nous le savons bien. Le sien avait été émaillé d’échecs politiques. Mais il devait aussi conduire à de nombreuses victoires intellectuelles. D’autres, plus nombreux,auront connu le destin inverse: des bilans électoraux glorieux, et des bilans idéologiques très minces. L’ingratitude de la carrière était peut-être le prix à payer pour recevoir les hommages d’une longue postérité. Ce sort fut aussi celui de son illustre devancier, Pierre Mendès-France. Avec lui, il aura également partagé une forte exigence morale dans l’exercice de la parole publique et des responsabilités. A l’heure où, pour tant de politiciens, les demi – voire les contre-vérités tiennent lieu de méthode, et le story tellingd’art de parvenir, l’héritage de Michel Rocard est aussi celui d’une morale et d’une dignité.

Après celle d’Olivier Ferrand, qui fut son complice, la disparition de Michel Rocard est une nouvelle épreuve pour Terra Nova. Nous lui devons tant… Désormais privés de son conseil, mais riches de son souvenir, nous poursuivrons notre effort sur le chemin qu’il nous avait ouvert.

Pour la Fondation Terra Nova, Thierry Pech – Directeur général


L’hommage de l’Institut François Mitterrand

Parce qu’ils ont incarné deux lignes politiques très différentes – pour ou contre l’union de la gauche ­–, les relations entre François Mitterrand et Michel Rocard ont toujours été présentées sous la forme d’un antagonisme personnel. Or, c’est cette stratégie d’union voulue par François Mitterrand, qui a réussi et a permis la victoire de la gauche et l’alternance de 1981. Paradoxalement, c’est aussi la réussite de cette stratégie qui aura permis à Michel Rocard de devenir ministre puis Premier ministre et de mettre en œuvre sa politique, montrant par la même occasion tous ses talents.


 

À LIRE EN COMPLÉMENT ET EN ACCÈS LIBRE


– Sur Le Point.fr, Michel Berretta : La dernière fois que j’ai vu Michel Rocard…

– La dernière interview de Michel Rocard à l’Obs

–  Michel Rocard, un destin militant, par Laurent Joffrin, Directeur de la publication de Libération

– Michel Rocard, le contre exemple, Éditorial par Bastien Bonnefous, Le Monde


Les hommages des Bretons à Michel Rocard – France 3

  • Par Krystell Veillard
  • Publié le 03 juillet 2016 à 12:30, mis à jour le 03 juillet 2016 à 16:33

L’ancien Premier ministre socialiste, Michel Rocard est décédé ce samedi. Les hommages à l’homme politique, qui a marqué la France et la Vème République se multiplient. En Bretagne, aussi où il avait une maison, à Séné dans le Morbihan et où il a régulièrement passé ses vacances.

L’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard, théoricien de la « deuxième gauche » et figure marquante de la politique française, est décédé ce samedi après-midi à l’âge de 85 ans. Quantité de politiques à gauche, au gouvernement et au-delà, mais aussi plusieurs figures de la droite, ont salué l’apport de ce socialiste « au parler vrai », devenu « une grande figure de la République et de la gauche ». Il avait été hospitalisé dimanche dernier. Il est décédé à 18h30 à la Pitié-Salpêtrière.
 

Lundi soir, une minute de silence est prévue à la mairie de Conflans-Sainte-Honorine, dont il fut maire. Un hommage national lui sera également rendu.Le Breton, Louis Le Pensec, ministre de la Mer et porte parole du gouvernement dirigé par Michel Rocard (1988-1991), rencontré ce dimanche matin, confie son immense tristesse : « lorsque l’on perd un très grand ami et lorsque l’on perd en tant qu’homme politique, un homme d’Etat de l’envergure de Michel Rocard. » Pour Louis Le Pensec,« Par la cohérence de sa pensée, par les valeurs auxquelles il a été fidèle tout au long de ces décennies, il a connu un destin singulier, éminent, qui a marqué la gauche en France et en Europe et qui a conduit à une émotion populaire inégalée pour un homme politique » Il rappelle encore qu’ « On sortait toujours plus intelligent d’une rencontre avec Michel Rocard ».


 

L’interview de Louis Le Pensec recueillie par Claire Louet et Gilbert Quéffelec



Marylise Lebranchu, se souvient d’un amoureux du progrès social et de l’innovation. Un homme profondément pro-européen. « Il m’a appris le respect profond de l’autre, la laïcité c’était quelquechose de consbstantiel, mais avec le goût de la lutte contre les inégalités. Il fallait être juste et toujours avancer pour être plus juste encore. (…) Je pense qu’il m’a appris à être, une citoyenne du monde, mais militante de la justice sociale ».

Interrogé par Le Point sur ce qu’il aimerait que Dieu lui dise le jour où il le rencontrerait, Michel Rocard  avait répondu: « Oh, j’aimerais l’entendre dire : « Petit tu n’as pas trop mal travaillé. Tu as essayé de ne pas oublier les principes immuables de la société des humains ».

Michel Rocard a passé durant des années ses vacances en Bretagne, où il avait une maison, à Séné, dans le golfe du Morbihan.

Dans ce reportage du 20/08/1987 (INA), diffusé sur France 2, il se livre sur la Bretagne, les vacances, la politique, les petites phrases, son « parler » parfois abstrait, mais jamais ni réducteur, ni simplificateur, le conflit entre l’immédiateté et la durée, nécessaire à la décision politique…  


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