Netanyahou – Hamas : Les meilleurs ennemis

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Le 14 mai dernier, le monde était saisi d’effroi devant la disproportion de la réaction israélienne face aux agitations palestiniennes près du mur séparant l'État hébreu du territoire palestinien. Les mots manquaient pour décrire le décalage entre le massacre d’une soixantaine de Palestiniens à Gaza et les sourires satisfaits des dirigeants américains et israéliens à Jérusalem.

Cette scène sidérante est la malheureuse mais inévitable conséquence d’un alignement catastrophique des planètes pour le peuple palestinien et la paix au Proche-Orient. Tout d’abord, la présence de Benyamin Netanyahou à la tête du Gouvernement israélien est un obstacle de taille à la promotion de la paix. Empêtré dans les affaires de corruption sur la scène intérieure, il gouverne grâce aux ultraorthodoxes juifs, soit l’extrême-droite israélienne. Toutefois Netanyahou n’a pas attendu cette configuration politique pour s’opposer à la paix. C’est déjà lui dans les années 90 qui avait mis fin au processus de paix issu des accords d’Oslo, bien aidé à l'époque par les attentats perpétrés par le Hamas.

Celui-ci, créé à la fin des années 80 par une charte ouvertement antisémite, a d'ailleurs été encouragé à sa naissance par Israël qui y voyait un bon moyen de gêner l’OLP de Yasser Arafat. Ce parti, islamiste, proche des Frères musulmans, est aussi un adversaire farouche de la paix. Le Hamas ne cesse de provoquer les Israéliens, n’hésitant pas à envoyer des enfants à une mort certaine en les incitant à approcher du mur de Gaza. Le cynisme du Hamas n’a d’égal que celui de Netanyahou qui préfère ordonner le tir à balles réelles pour disperser les Palestiniens plutôt que d’envisager d’autres outils non létaux comme les bombes lacrymogènes.

À ces deux acteurs irréconciliables qui obstruent le processus de paix à eux seuls, s’ajoute désormais Donald Trump et sa décision irresponsable de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. C’est d’ailleurs cette décision qui était célébré lors de cette funeste journée et qui a prouvé à quel point le président américain pouvait être nuisible dans les affaires internationales et l'équilibre du monde.

En Cisjordanie, Mahmoud Abbas, le pale successeur de Yasser Arafat, a déjà montré qu'il n'avait pas la dimension nécessaire pour entraîner son peuple dans un processus de paix, ce que seul Arafat aurait pu faire si Ariel Sharon et Netanyaou avaient su lui tendre la main comme Yitzhak Rabin. Mais Rabin est mort pour avoir voulu la paix, et Arafat a aussi quitté ce monde. Netanyahou et le Hamas ont démontré leur volonté d’écarter tout espoir de paix pour des décennies et rappelé ainsi par leur entêtement et leur aveuglement que l'Histoire est malheureusement tragique.

Kevin Alleno

 

EN COMPLÉMENT :

Le courrier adressé à Jean-Yves LE DRIAN afin de faire part de notre inquiétude quant à la situation de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri.

Réaction d'Olivier FAURE et Matthias FEKL