Parcours de militante : Marie-Cécile Riédi

Pourquoi es-tu entrée au PS ?

J'ai toujours été fidèle à des valeurs, à la reconnaissance de la dignité de chaque humain, au fait que tout le monde doit pouvoir vivre correctement. Dans les années 70, j'étais à Lille en études avec des gens qui étaient au PS. Le copain de ma meilleure amie était Bernard Roman. On était un groupe d'étudiants et Bernard était déjà super engagé. Il était très proche de Pierre Mauroy et son engagement venait sans doute du fait qu'il était très marqué par la déportation de son père en camp de concentration. J'ai suivi ce mouvement. J'ai participé ensuite en 81 à la campagne de Mitterrand. Bernard a été élu en 1983 comme adjoint au maire à Lille. J'ai eu une carte au PS dans le secteur de Wazemmes à Lille.

Je suis ensuite venue à Sarzeau au début des années 2000. Je me suis rapidement engagée au PS local et suis devenue secrétaire de section puis j'ai été élue dans l'opposition à la mairie. J'ai alors appris ce qu'était le militantisme « adulte » plus politique.

Quelle personnalité t'a le plus marquée ?

Je vais nommer Maryse Lebranchu qui est une personnalité très clairvoyante et m’a marquée lors des rencontres qu’elle a animées. Sur son parcours, je la respecte tant pour ses qualités de bosseuse que par sa droiture envers le socialisme et ses militants. 

Quel est ton meilleur souvenir comme militante ?

Lorsque François Mitterrand a été réélu en 1988. C'était une vraie bataille. J'avais l'impression qu'on obtenait davantage de libertés pour les gens, que la situation pour les pauvres serait meilleure. A l'époque les milieux populaires étaient avec nous. A Wazemmes par exemple qui était un quartier populaire à l'époque (c'est davantage bobo aujourd'hui) c'était le cas.

Ici dans le Morbihan, c'est davantage sur le long terme. C'est le fait de travailler, de militer avec des gens biens et d'adhérer ensemble à quelque chose auquel on croît.

Quel est ton pire souvenir ?

J'en ai plusieurs. Il y a eu la déchéance de nationalité. Je n'ai pas compris. Il y a eu aussi le départ de socialistes vers LREM que je n'ai pas compris non plus. Et Jospin. On a pleuré quand il n'a pas été au second tour. On était avec les copains avec les larmes aux yeux devant la télé. Ce qui m'a fait mal aussi ca a été de voir Marine Le Pen prendre la place à Hénin Beaumont, de perdre les ouvriers. Tu te sens impuissante et mal à l'aise par rapport à ce que l'on n'a pas su faire.

Comment vois-tu l'avenir du PS ?

Pour moi il résistera toujours parce que je pense qu'on a besoin d'une structure, qu'on a besoin de règles. Ca vient peut-être en opposition avec la société nouvelle qui met en avant l'immédiateté mais cette structuration qu'apporte le parti est importante. Il apporte un cadre et une culture politique. On n'y fait pas n'importe quoi.

Propos recueillis par Kevin Alleno

En complément :

 

Loin de Solférino, le blues des élus locaux, Reportage de Ouaffia Kheniche pour France Inter, 29 janvier 2017

Ils se respectent mais ne pédalent pas dans la même direction, Lionel Cabioch, Ouest-France, 20 mars 2014