Parcoursup à l’heure du premier bilan

Parcoursup, la plateforme créée en urgence pour répondre au scandale du tirage au sort, a suscité de nombreux remous. Quel bilan peut-on tirer ?

Un système démoralisant pour les élèves

Dans un premier temps, la communication a été très mauvaise ; élèves aussi bien que professeurs et conseillers d’orientation n’ont été informés de la procédure à suivre que quelques jours avant son lancement. Ce manque d’information a entraîné de nombreuses erreurs. Les questions des élèves sur la plateforme ont toujours recueilli la même réponse « on ne sait pas, on ne peut pas vous aider ». Parcoursup répond à l’exigence française de rentrer dans les cases et n’offre pas la possibilité d’en sortir à moins de plonger dans le gouffre administratif.

Dans un second temps, l’heure des premières réponses fut aussi celles des grosses déceptions. Pour les plus malchanceux, aucun vœu accepté à quelques jours du bac (un encouragement à la réussite...); pour d’autres, y compris d’excellents élèves, aucune réponse positive simplement des listes d’attente interminables. S’installe alors un drôle de rituel : réveil matin, et site de parcours sup pour connaître son avancement dans les listes d’attentes durant la nuit.

Enfin, à quelques jours de la rentrée, faisons un premier bilan même s’il faudra attendre fin septembre pour réellement tirer les conclusions de cette « première édition ». Si l'UBS s'est félicitée d'une belle réussite, tel n'a pas été le cas pour tous les établissements de l'enseignement supérieur. Officiellement 15 000 candidats sont « accompagnés » par les commissions. En réalité, au 30 août 47 000 candidats étaient encore sans affectation et ont été classés « inactifs » par la plateforme. En fin de phase principale, le chiffre s'élève finalement à 3000.  Les premiers chiffres traduisent un renforcement de la discrimination sociale et territoriale; bref des chiffres qui restent insatisfaisants, voire révoltants !

Un Gouvernement qui élude les vrais enjeux

Le Gouvernement ne peut pas se permettre une « année test » quand l’avenir de milliers de jeunes est en jeu. Mais est-ce surprenant ?

Le Président Macron et son gouvernement, en répondant à APB par parcoursup, évitent de traiter les vrais problèmes et maintiennent un système éducatif à bout de souffle, inéfficace et injuste socialement. Aucune solution n’a été imaginée face au manque de places dans les universités, rien n’est proposé face au nivellement par le bas du niveau des étudiants qui arrivent en fac avec un niveau, disons-le, médiocre. Les bases ont été oubliées et pour remédier à cela c’est tout le système qui doit être repensé sans tabou, ni préjugé.

De plus, il est grand temps de valoriser les filières professionnelles et l’apprentissage. Il faut arrêter d’en faire des voies pour les « mauvais élèves ». Ces filières ne doivent pas être choisies par « manque de capacités » dans les filières classiques mais par véritable intérêt pour la discipline enseignée.

Parcoursup ne peut pas être efficace car il n’est qu’une réponse artificielle aux défaillances de l’enseignement primaire et secondaire, au problème de l’orientation post bac et à la misère de l’enseignement supérieur dans notre pays.

Sarah JORON