Pour une politique des villes

Dans un monde globalisé, la politique nationale bien qu’elle ait du sens doit être repensée. Plus que de donner une vision uniformisée de son territoire, elle doit surtout en faire valoir la diversité productrice. Depuis combien d’années les gouvernements ont-ils enchaînés différentes politiques de LA ville et depuis combien de temps celles-ci sont-elles confrontées aux réalités des divers territoires auxquels elles s’appliquent ? Il apparaît ainsi de manière assez transparente qu’est venu le temps de la politique DES villes.

La nécessaire délégation au local

De son « petit » bureau à l’Élysée, le Président, pour une fois nous serons indulgents, ne peut rendre compte des situations de chacun. Si la loi se veut générale, son efficacité doit se mesurer dans une application spécifique à chaque territoire. Emmanuel Macron et ses successeurs risquent de devoir apprendre à déléguer à l’échelle du local. La politique locale mobilise car elle est concrète. Lors des européennes, dernière élection en date, les citoyens étaient demandeurs de concret avec souvent cette même question : « L’Europe, quel impact dans mon quotidien, dans ma ville ? » question pour le moins légitime. Prochaine élection : les municipales qui, on le remarque, ont déjà commencé. Nos politiques ne peuvent nier l’importance de villes dynamiques, porteuses de projets. Chacun est plus ou moins conscient de la situation et cherche à donner à sa ville les moyens de cette transition.

Des cités diverses

Je ne peux parler des oubliés sans parler de nos cités qui, bien que souvent au cœur des débats, restent un puzzle bien compliqué à reconstituer par sa complexité et sa diversité. Contrairement à ce que peuvent affirmer certains sociologues nos cités ne sont pas « toutes les mêmes ». Au-delà de toute statistique, de tout chiffre bien placé qui mette en lumière la fracture territoriale qui est réelle ; il y a des parcours de vie, des rencontres, de la vitalité. L’intégration de ces parties de nos villes ne se fera pas de manière verticale - j’entends par là de l’État - mais de manière horizontale entre citoyens responsables d’un même territoire. De nombreuses villes mettent en place des services de médiation qui réussissent ce que certains affirment impossible, c’est-à-dire renouer le dialogue. Le dialogue nécessite de savoir écouter, de savoir porter attention à son interlocuteur. Nos cités sont trop souvent stigmatisées et réduites à violence, trafic et délinquance mais on oublie la solidarité, le multiculturalisme et la fraternité qu’on y trouve. C’est à nos élus d’aller chercher ces citoyens écartés (qui se sont aussi d’eux-mêmes parfois écartés dans un sentiment d’illégitimité) et de leur montrer la place qu’ils peuvent occuper dans le développement de leurs villes et les progrès qu’ils peuvent initier.

Les prochaines municipales orienteront l’importance de nos villes dans le débat national et la part que les citoyens doivent prendre au développement de politiques de villes adaptées à chaque territoire.

Sarah Joron

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