Les acteurs de la solidarité sont unanimes : une vague de pauvreté et de précarité risque de s'abattre dans les mois qui viennent en France. Au PS, nous tenons à rappeler la nécessité d'accompagner les plus vulnérables, pour éviter une nouvelle crise sociale. C'est pourquoi nous lançons une campagne pour une relance qui n'oublie personne. 

Cette campagne, ce sont plusieurs mesures phares, que nous proposions déjà lorsque nous présentions notre Plan pour un rebond économique, social et écologique (cliquer ici) :

  • Ouverture du RSA aux moins de 25 ans 
  • Renforcement de la politique de droit au logement
  • Moratoire sur les frais bancaires pour les plus bas revenus 
  • Abrogation de la réforme de l'assurance chômage
  • Création d'un revenu de base, en instaurant une Aide individuelle à l'émancipation solidaire (AILES) de 564 euros par personne, dégressive en fonction du revenu. 

Pour les plus précaires, la moindre erreur de parcours peut faire basculer le quotidien. Ils sont pourtant, souvent, les oubliés des annonces du gouvernement en matière de pouvoir d’achat. 

Chaque année, les frais bancaires coûtent 296 euros à nos compatriotes, et 20 % d’entre eux en paient jusqu’à 500 euros ; le tout rapportant 6,5 milliards d’euros par an aux banques. Une manne financière pour celles-ci, mais qui pèse très lourdement sur le budget des personnes disposant déjà de revenus très faibles. C’est pourquoi nous demandons un moratoire sur les frais bancaires pour les personnes à faible niveau de revenu. Il s’agira de réduire de deux tiers le plafond des frais bancaires et des commissions pour les personnes disposant des plus faibles revenus. Elles ont été les premières victimes de la crise économique, les premier·e·s de tranchée de la crise sanitaire, ils ne doivent pas subir les frais d’un système dont ils ne profitent pas. 

Face à l’allongement des files d’attente devant les banques alimentaires et aux alertes des associations sur le retour de la faim en France, nous voulons une baisse de la TVA sur les produits de première nécessité. Le gouvernement allemand l’a fait, en réduisant l’ensemble des taux de taxe sur la valeur ajoutée. En France, en pleine crise sanitaire et économique, les Français doivent acheter des produits taxés sur une échelle qui n’a pas été réévaluée depuis 2014. Nous voulons une baisse de la TVA pour soulager les dépenses des ménages les plus fragiles. 

« C'est des gens qu'on ne connaissait pas, beaucoup qui étaient dans une situation de précarité et qui basculent dans la pauvreté. Notre filet de protection sociale a beaucoup de trous » - Véronique Fayet, Secours catholique

 

Dans notre Plan de rebond économique, social et environnemental de juin dernier, nous proposions de garantir le droit à un logement digne en renforçant la politique du droit au logement. Nous réitérons cette position, ce droit au logement devra comprendre la généralisation de l’encadrement des loyers pour un an et la déclaration d’une année blanche en matière d’expulsion. Mais il faut aller plus loin en donnant à tous les moyens de se loger. Cela passe par une revalorisation du barème des APL en fonction de l’inflation et un report des échéances mensuelles pour les nouveaux propriétaires. 

Alors que chaque semaine apporte son nouveau lot de plans sociaux, il est plus que temps de nous interroger sur la protection de celles et ceux qui pourraient perdre leur emploi. 

Nous ne cessons de le répéter : la réforme du gouvernement sur l’assurance-chômage doit être abrogée. Si l’application des mesures les plus dangereuses de ce projet a été repoussée à 2021, les indemnités journalières des nouveaux inscrits au chômage risquent toujours de baisser de 27 % en moyenne, cette diminution pouvant aller jusqu’à 50 % selon l'Unédic. Il faut que le gouvernement abandonne cette réforme. Comme ce fut le cas en 2008, une réforme juste et équitable devra être construite par le dialogue social et la négociation collective.

Le revenu de solidarité active n’est aujourd’hui ouvert qu’aux personnes de plus de 25 ans, ou à celles qui justifient d’ores et déjà d’une expérience professionnelle.

Or, et c’est le cas depuis des années, le chômage touche d’abord les jeunes. Élargir cette aide aux moins de 25 ans, c’est agir pour la solidarité là où il y en a besoin. 

Pourquoi se contenter de demi-mesures ? On ne renversera pas la balance de la crise économique et sociale en ajustant des aides existantes d’un côté, ou en subventionnant un peu tel ou tel secteur de l’autre. Il faut adopter une nouvelle conception de la prestation sociale et de l’État providence. Ne pas en faire un simple mécanisme de correction des inégalités et des défis sociaux existants.

Nous voulons donner un nouveau souffle à notre modèle social pour en faire le moteur de l’émancipation de la société. Pour cela, nous proposons une aide individuelle à l’émancipation solidaire, qui prendrait la forme d’un revenu de base inconditionnel de 564 € versé à toute personne majeure, dégressif en fonction du revenu. Accompagné d’une dotation universelle de 5 000 euros versée à toute personne le jour de sa majorité, l’AIES permettrait de lutter contre la reproduction sociale en donnant à chaque jeune les moyens de choisir l’avenir qu’il souhaite et mérite.

Ce qui passe aussi par une refonte de notre système scolaire. Dans ce domaine, vous pourrez retrouver les propositions portées par Yannick Trigance, secrétaire national à l’Éducation, dans notre Plan de rebond scolaire et éducatif.

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