RENTRÉE POLITIQUE / PRESSE : « Le PS confiant à Lorient et… Vannes »

Maxime Picard, premier secrétaire fédéral du Parti socialiste dans le Morbihan et secrétaire national adjoint aux études électorales à la direction nationale du PS. | OUEST-FRANCE

« Maxime Picard, secrétaire fédéral du PS, croit dans la stratégie d’une gauche unie qui voit le jour dans plusieurs villes morbihannaises. Elle se donnerait même ainsi, selon lui, « toutes les chances de l’emporter ».

« Même si nous sommes plutôt minoritaires encore dans l’électorat, nous sommes mieux organisés que d’habitude. Nous étions avant plutôt bon pour nous diviser. » Maxime Picard, premier secrétaire fédéral du Parti socialiste dans le Morbihan sait prendre de la distance pour analyser la politique de la gauche.

Et, à l’approche des municipales de 2020, paradoxalement, il croit en sa possibilité de conserver des places fortes comme Lorient, voire de créer la surprise à Vannes. Ainsi, dans la ville préfecture, « il y a un embouteillage au centre droit qui laisse une marge de manœuvre. La victoire ne se jouera pas à 50 % des voix car il y aura plus de deux listes au second tour. On aura un rôle à jouer. »

Le PS apporte donc son soutien au socialiste Simon Uzenat, même si ce dernier s’affiche « sans étiquette ». Une décision qui ne heurte guère Maxime Picard. « Le PS n’y aura pas beaucoup de socialistes. Ce sera plus une liste qui rassemble très large. »

Il préfère donc mettre en avant un candidat « qui travaille comme un forcené. Une vraie qualité au poste de maire contrairement à d’autres candidats plus… touristes. » Une attaque à fleuret non moucheté envers Patrick Le Mestre, candidat déclaré La République en Marche (LREM), « qui part en position de notable, certes doyen de la fac, mais qui n’a rien construit dans l’arène politique vannetaise, qui ne rentre pas dans les débats, ne pose pas de sujets de fond. Une ville ça se respire, ça se vit et il ne faut pas croiser les Vannetais uniquement dans les salons mondains. » L’intéressé appréciera.

« On a optimisé nos chances »

L’appétit vient en mangeant dit-on, et Maxime Picard en a visiblement puisque, outre Vannes, c’est aussi son agglomération qu’il lorgne. « Dans un territoire extrêmement conservateur, la victoire d’une gauche même en forme serait difficile, alors en situation fragile… Mais, cette fois, avec la faiblesse de François Goulard et de ses héritiers, personne ne tient la droite. On a donc des convergences possibles autour de Pierre Le Bodo, des synthèses à trouver entre un centre modéré et la gauche vannetaise. »

Et même si cette stratégie heurte certains dans son parti, le secrétaire fédéral assume sans sourciller. « Les partis politiques doivent s’adapter à la nouvelle donne. C’est perturbant pour certains, mais je suis heureux de travailler comme cela. »

À Lorient, ville historiquement à gauche, la situation s’est éclaircie. Bruno Blanchard (PS), adjoint au maire, est le candidat déclaré. « Il est très ancré localement » estime Maxime Picard. Dans la cité ouvrière, il faudra « renouer avec des partenaires y compris ceux qui n’étaient pas dans la majorité municipale actuelle mais également aller vers l’atelier citoyen, Lorient 2030. »

« Changer le processus de décision »

Pour autant, la présence de nombreuses listes est de nature à brouiller la donne. « Il faut sortir du lot. Mais on le fera avec ce rassemblement le plus large possible de la gauche. La phase est lancée. Bruno Blanchard est un élu qui a une forte proximité avec les gens, ce qui est considérable dans la perspective du premier tour où l’on peut être en tête avec 25 % et gagner le second tour dans le cadre d’une quadrangulaire avec 30 %. »

Pour y parvenir, il faudra néanmoins un changement de logiciel. « Il faut la fin d’un système concentré et aller vers le participatif. Ce sera l’élément central du projet : changer le processus de décision. Les tensions à gauche viennent aussi de là. »

Maxime Picard n’envisage pas d’autre issue que la victoire à Lorient. « On peut conserver la ville. Ce serait un sacré choc si on n’y arrivait pas. Pour autant, il faut être vigilant. »

Et ailleurs dans le département

Enfin, à Pontivy, « un accord global est en cours de finalisation. » Une liste unitaire (France Insoumise, UDB, PS, Génération. s, PC, Place publique, EELV) se fait jour derrière la candidate Marie-Madeleine Doré-Lucas qui a remporté la primaire des gauches. « Toutes les composantes identifiées à gauche y seront. On a optimisé nos chances » se félicite le secrétaire fédéral du Morbihan. Qui note que cette configuration devrait également se retrouver à Questembert, Auray… Sous une forme moins formalisée, sans doute, mais il y aura une liste de gauche qui s’articulera autour du candidat.

À l’approche des municipales 2020, Maxime Picard n’est donc pas loin de voir la vie en rose. »

AUTRE ARTICLE (payant) :

EN COMPLÉMENT :

Article publié dans :
DIMANCHE OUEST FRANCE
25 août 2019

Premier secrétaire fédéral

Publié dans Actualité des territoires, Actualités, Décryptages, Fédération du Morbihan, Morbihan, Parti Socialiste et avec comme mots clés , , , , , .