Retour sur la conférence de Bois du Château : La maritimité

Lors de la rentrée du Bois du Château, Patricia Adam, ancienne présidente de la commission de la défense de l'Assemblée nationale et Mustapha El Kettab, responsable du Centre européen de formation continue maritime, ont animé une conférence autour de la maritimité. La première s'est concentrée sur les enjeux de défense quand le second a ciblé son propos sur la pêche.

Patricia ADAM a introduit son propos en précisant que la France est une puissance maritime par sa géographie, la  2e au monde. La France est ainsi concernée par 3 zones principales : Méditerranée, Atlantique, Pacifique. Mais la loi de programmation est en baisse...

L'enjeu européen principal était la relation transatlantique car il est de plus en plus difficile d’assurer notre sécurité seuls. Un accord bilatéral existe déjà avec le Royaume-Uni. L'UE n'est pas capable aujourd'hui d'assurer elle-même les enjeux de défense dans la mesure où il n'existe pas de stratégie commune. Les autres pays se déchargent sur l'OTAN et les Américains pour leur défense.

Selon elle, l’Allemagne et la France ne partageaient pas les mêmes stratégies au début de la législature mais la crise migratoire a fait évoluer quelque peu leur analyse. Les socialistes sont parvenus à obtenir une mise en place de fonds européens pour la défense et ainsi obtenir 27 milliards sur 7 ans pour l’investissement dans la recherche, les équipements communs. Il reste maintenant à voir comment cela va se décliner.

Il y a également des enjeux spatiaux. Les Américains et les Chinois investissent énormément, cela demande des fonds très importants que la France n’a pas. Nous dépendons trop des Américains, d’où l’importance du niveau européen.

Mustapha EL KETTAB a commencé son propos en indiquant que la pêche est le seul système économique basé sur une ressource biologique renouvelable. 

C’est un secteur économiquement modeste mais stratégiquement très important. À l’origine, la mer était libre et c’était la course aux poissons, seule réglementation : pêcher à 3 miles des côtes (à portée des canons). Jusqu’en 1970, la flotte était soutenue politiquement et financièrement. La France est ainsi devenue une puissance halieutique, elle a développé des flottilles à l’internationale et bénéficie des apports techniques militaires. Puis en 1970, est arrivé le droit de la mer par convention sur l’usage maritime au niveau de l’Europe. Lorsque l'Irlande et le Royaume-Uni ont négocié pour entrer dans la CEE, la France a mis tout son poids pour exiger que les eaux communautaires soient en commun au niveau de l’Europe.

Toutefois, dans les années 1990, on a assisté à une raréfaction de toutes les espèces de poisson, d’où le déclin des flottes, les grèves… Les années 2000 ont constitué un moment de réadaptation avec une gestion des ressources au quotidien. La France est aujourd'hui en 3e position européenne après l’Espagne et le Royaume Uni, et on assiste à une période de stabilisation. Aujourd'hui, 50% de la pêche française vient des eaux non françaises.

Mustapha El Kettab nous a également expliqué que le calcul du quota se fait de « façon historique » c'est à dire que la France obtient plus de quota car c'était la première présente. La Norvège n’a, quant à elle, jamais voulu entrer dans l’Europe car elle ne voulait pas partager ses eaux.Fatalement, le Brexit, qui va diminuer l’espace territorial, nous impactera.

Il a aussi expliqué que nous étions aujourd’hui sur des enjeux écologiques avec une mise en cause des techniques de pêche et la question de savoir si l'on doit sortir du pétrole pour la flottille.

Il a alerté également sur la perte du savoir-faire dans le domaine en notant que la relève n’était pas assurée. Ce qui est une source d'inquiétude au sein de la profession.

De gauche à droite : - Émilie DERRIAN CHATARD - Secrétaire de section (Lorient) - Maxime PICARD, Premier secrétaire fédéral

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