TRIBUNE / Libération : Covid-19, pour un Pacte social de la jeunesse

TRIBUNE

À la crise sanitaire s’ajoute une crise sociale. Les plus fragiles, notamment les jeunes de 18 à 25 ans, voient leur précarité exacerbée par les mesures de confinement. Nous avons entendu les paroles du président de la République mais nous attendons des actes forts. En France, près de 670 000 étudiants dépendent du revenu d’un «boulot-étudiant» pour leurs besoins les plus essentiels (alimentation, logement, habillement). Les bourses d’étude et aides au logement sont souvent des ressources insuffisantes pour vivre sans travailler. Aussi, privés d’un revenu de solidarité – le RSA –, les étudiants sont sans filet de protection.

La crise du Covid-19 met aujourd’hui la lumière sur la fragilité et la précarité de nos jeunes, oubliés de notre système de protection sociale. Il nous faut apporter deux réponses à cette crise sociale : une première immédiate pour remplir les réfrigérateurs de nos étudiants, et une seconde structurelle, pour résoudre le problème de précarité étudiante et jeune. C’est le sens des deux propositions que le Groupe socialiste universitaire (GSU) a formulé dans sa dernière étude sur la précarité chez les jeunes.

Face à l’urgence, il nous faut utiliser les mécanismes déjà existants au sein de l’artillerie sociale française. Les aides personnalisées au logement – APL – parce qu’elles sont adressées aux plus précaires d’entre eux, et la Caisse d’allocations familiales, qui dispose déjà des informations bancaires de ses allocataires, apparaissent être les meilleurs outils pour répondre avec efficacité à cette problématique. Nous souhaitons que soit compensé le manque à gagner de ces étudiants fragiles en revalorisant cette aide. Sur la base d’un volume horaire hebdomadaire moyen chez les étudiants-travailleurs de 16 heures payé au Smic, il s’agit de majorer les APL à hauteur de 514 euros par mois. Sans activité professionnelle depuis près d’un mois désormais, l’incertitude à laquelle font face ces salariés précarisés nécessite a minima un engagement sur un trimestre. Puisque ce gouvernement assène qu’il est celui du «sérieux budgétaire», nous écrivons avec clarté que cette aide d’urgence représenterait 0,1% du budget social annuel.

Cette crise met à la lumière du jour les problèmes inhérents à notre système éducatif et la protection sociale pour les jeunes. L’occasion est aujourd’hui donnée à la représentation nationale d’asseoir à jamais qu’étudier est un droit et non une chance. L’utilisation de deux outils préexistants, que sont les bourses Crous et les aides au logement, combiné à un Revenu de solidarité active (RSA) étendu aux jeunes de 18 à 24 ans, permettrait de former un réel pacte social pour la jeunesse. Il n’est aujourd’hui plus possible de devenir majeur civilement à 18 ans mais de ne devenir majeur «socialement» qu’à 25.

Aussi, en conservant l’échelonnage du dispositif de bourse Crous en l’état pour les étudiants, la généralisation du RSA aux 18-24 ans permettrait à près 5,2 millions de jeunes de toucher entre 650 euros et plus de 1 000 euros par mois. Sur le fondement de l’étude de l’Institut des politiques publiques sur le revenu de base, le coût de l’ouverture du RSA dès 18 ans serait d’environ 11,8 milliards d’euros. Cela ne représente que 1,6% de notre budget social. Nous payons aujourd’hui les conséquences de la politique d’austérité, ne reproduisons pas demain les mêmes erreurs avec l’avenir de notre jeunesse.

Pour un égal accès à l’éducation pendant le confinement

Au nom des députés socialistes et apparentés, Michèle Victory, députée de l’Ardèche, a interpellé le Ministre de l’Education nationale sur la situation dans nos écoles.

Nous voulons signaler tout d’abord notre reconnaissance envers les enseignants dont le rôle crucial est mis en exergue par cette crise.

Nous faisons au gouvernement 10 propositions pour garantir un égal accès à l’éducation pendant le confinement.

         

Télécharger la note du Groupe Socialiste Universitaire - GSU :

DES CLÉS DE RÉPONSE À LA CRISE SOCIALE DES JEUNES EXACERBÉE PAR LE CONFINEMENT

SIGNATAIRES :

Abir Adam, président du GSU, Eliott Boulais-Rivière, vice-président du GSU, Sacha Pasquier, directeur des recherches du GSU, Olivier Faure, député de Seine-et-Marne et Premier secrétaire du PS, Patrick Kanner, sénateur du Nord et Président du groupe SER, Rachid Temal, sénateur du Val-d’Oise, porte-parole du groupe SER, Boris Vallaud, député des Landes, porte-parole du groupe SOC, Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis, Nathalie Lanzi, vice-présidente à la Jeunesse de la Région Nouvelle-Aquitaine, Rémi Féraud, sénateur de Paris, George Pau-Langevin, députée de Paris, Christophe Bouillon, député de Seine-Maritime, Laurence Rossignol, sénatrice de l’Oise, Martine Filleul, sénatrice du Nord, Laurence Dumont, députée du Calvados, Victoire Jasmin, sénatrice de la Guadeloupe, David Habib, député des Pyrénées-Atlantiques, Joël Aviragnet, député Haute-Garonne, Eric Kerrouche, sénateur des Landes, Clotilde Valter, ancienne ministre, Nicolas Mayer-Rossignol, conseiller régional de Normandie, ancien président de la région Haute-Normandie, Timothée Duverger, maître de conférences associé d’histoire à Sciences Po Bordeaux, Isabelle This-Saint-Jean, professeure d’économie à l’Université Sorbonne Paris-Nord, Gabrielle Siry, chargée d’enseignement à l’Université Paris Dauphine et porte-parole du PS, Baptiste Ménard, vice-président du GSU, chargé d’enseignement à l’Université de Lille, Fatima Yadani, docteure en microbiologie, Secrétaire national du PS, Jennifer Merchant, professeure à l’Université Paris II Panthéon-Assas, Marion Fontaine, maître de conférences d’histoire à l’Université d’Avignon, Jean-Philippe Derosier, professeure de droit public à l’Université de Lille, Yannick Trigance, conseiller régional d’Ile-de-France, secrétaire national à l’éducation et à l’enseignement supérieur du PS, Dieynaba Diop, enseignante, porte-parole du PS, Maxime Sauvage, secrétaire national aux territoires du PS, Emilien Goguel-Mazet, doctorant à l’Université d’Aix-Marseille, Dylan Laplace-Mermoud, doctorant à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

le Groupe socialiste universitaire (GSU)

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