Le vote RN dans les campagnes : un fait, pas une fatalité

Le vote pour le Front National, ou Rassemblement National, a fortement augmenté en campagne, comme un peu partout dans le pays. C’est un fait de moins en moins contestable, malheureusement. Seulement de mon point de vue, ce fait n’est en rien une fatalité car il repose principalement sur un rejet des politiques antérieures et un sentiment d’abandon de l’État, dans l’esprit des habitants ruraux. Si l’on y répond plus efficacement, le vote pour le parti de Marine Le Pen baissera assez sensiblement.

L’enracinement du Rassemblement National dans les campagnes : un fait

Les dernières européennes de 2019 ont placé la formation politique de la famille Le Pen en tête des votes dans près de 70 % des communes de notre pays. Jean Viard sociologue au CNRS[1] a tenté d’expliquer ce fait qui apparaît pour les commentateurs comme pour nous, militants, une fatalité. La France serait désormais coupée en deux, entre une ville plus tournée vers la transformation sociale et écologique qui voterait plus pour le parti présidentiel ou des formations politiques modérées d’une part. Puis d’autre part, une France des quartiers et les campagnes, délaissés par la République. Si l’on se concentre sur notre sujet, les campagnes, le rejet  viendrait principalement d’un « sentiment d’abandon » de l’État dans leur esprit.

C’est d’autant plus vrai que le discours des élus locaux du RN peut trouver un écho dans ces territoires bien souvent enclavés voir délaissés. J’ai en tête un exemple quelques communes de l’Est du département qui ont placé Jordan Bardella en tête en mai dernier, St-Gravé ou encore  Limerzel et Pluherlin. Ces communes souffrent d’un éloignement de plus en plus pesant des centres de décisions et ont un accès limité à des services de bases. A St-Gravé par exemple, il n’y a plus de médecin, ni de bar, ni même d’épicerie pour obtenir quelques denrées alimentaires.

On peut aussi expliquer ce fait par la capacité d’élus RN à être des élus de territoires qui, sans être solides, donnent plus le change qu'on ne l'aurait cru et peuvent être appréciés par leurs administrés pour leur capacité de gestion par à coup qui satisfait sur l’instant, mais qui manque de vision globale, on s’en rend compte souvent trop tard.

 

Apporter des réponses locales pour lutter contre la fatalité

 

Jean Viard analyse le vote RN toujours comme un vote de « contestation » et de « colère » majoritairement. En partant de ce que je dis plus haut, il est donc important pour notre formation politique de pouvoir s’appuyer sur nos expériences locales pour pouvoir apporter le plus possible des réponses à ce sentiment d’abandon des campagnes. Il faut absolument, remettre des services publics et décentraliser et rendre plus transparentes les décisions locales pour redonner confiance en l’avenir aux habitants ruraux.

 

Loïck Mercier 

[1]Entretien donné à Ouest-France donné le 28 mai 2019