Budget 2021 de Vannes : une ville qui ne prend pas soin de l’avenir

Il est vrai que le contexte budgétaire comporte plusieurs incertitudes et inconnues, mais il n’en demeure pas moins que le premier budget du mandat est censé fixer une ambition et un cap clairs pour les cinq prochaines années. Nous en sommes hélas bien loin à Vannes. Lors du conseil municipal du 8 février, le Maire et son équipe ont invoqué la prudence : cette dernière doit bien évidemment être un garde-fou mais en aucun servir de guide politique. Surtout face à des crises, sanitaire, économique, sociale, écologique, culturelle et démocratique qui se manifestent sans aucune modération !

Une ville dans une situation financière confortable

Nous attendrons le compte administratif 2020 pour le vérifier mais il semble que Vannes ait été plutôt épargnée par la crise sur le plan budgétaire. Lors du débat d’orientations budgétaires en décembre, le Maire annonçait ainsi un solde négatif de 1,6 million d’euros par rapport à 2019. Deux mois plus tard, ce dernier ne s’élèverait plus qu’à 600.000 euros, soit un différentiel de près d’un million d’euros en faveur de la ville !

À périmètre constant, les recettes de la ville progressent de 1,2 million d’euros, notamment grâce à une hausse de la fiscalité directe de plus de 600.000 euros et à une envolée des droits de mutations. 1,2 million d’euros, soit une augmentation de 1,7%, c’est-à-dire trois fois le niveau de l’inflation prévue pour 2021 ! Nous ne comprenons donc pas pourquoi la ville n’a pas les ambitions de ses moyens face à deux urgences essentielles : l’urgence sociale et l’urgence écologique.

Où sont les mesures de soutien adaptées à la crise alors que les volumes budgétaires n’évoluent globalement pas par rapport à 2020 ? Si l’on retranche les projets déjà lancés et les études, très peu de nouveautés en matière d’investissements. Les interventions à caractère social, tout comme le CCAS, ne bénéficient, quant à elles, d’aucun crédit supplémentaire !

Une majorité sans ambition sociale ni écologique

À propos de l’enveloppe de 200.000 euros pour la prime de précarité des agents non titulaires : cette somme conséquente doit inviter à réfléchir au plus vite aux moyens qui pourraient être mis en œuvre pour garantir davantage d’emplois durables ! Alors que les jeunes souffrent durement, nous ne pouvons pas, non plus, nous satisfaire de voir les crédits en faveur de l’apprentissage, déjà faméliques, être amputés de 20%. Au contraire, la ville devrait être en pointe sur ce dispositif qui a largement fait ses preuves. Sur le champ des solidarités, l’absence de moyens supplémentaires pour accompagner les plus vulnérables et prévenir les chocs sociaux constitue une erreur à l’égard de notre avenir commun et de l’intérêt général. On a bien confirmation que le plan communal de lutte contre la pauvreté s’annonce, hélas, comme un catalogue de bonnes intentions.

2021 aurait dû voir un budget de combat face aux crises et aux détresses, citoyennes ou entrepreneuriales, comme nous l’avons demandé à plusieurs reprises avec de nombreux exemples : soutien renforcé à la parentalité en lien avec le tissu associatif car les crises et les confinements ont malheureusement des effets sur la santé psychologique et sociale des enfants, notamment ceux des familles les plus modestes ; lutte contre la précarité alimentaire avec des chèques alimentation ; lutte contre la précarité énergétique avec un plan à effet immédiat pour l’isolation des bâtiments municipaux et des logements ; actions résolues sur le prix de l’immobilier en diminuant les prix de vente des terrains municipaux avec des contreparties sociales fortes ; mobilisation pour la sécurité, notamment des quartiers prioritaires, avec des effectifs de police municipale rapidement renforcés et présents au quotidien en proximité des habitants.

Concernant l’urgence écologique, la lutte contre le changement climatique et la préservation de la biodiversité, les effets d’annonce de la campagne électorale se sont, là encore, vite dissipés. Alors qu’il a été créé il y a huit mois, le comité consultatif sur le climat et la biodiversité n’a toujours pas été réuni ! Il aurait été pourtant logique de le solliciter dans le cadre du débat budgétaire et de la trajectoire de réduction des émissions vannetaises de gaz à effet de serre. Encore faudrait-il que cette trajectoire et cette feuille de route existent… Rien sur le budget carbone, un soutien au programme des éco-écoles, la végétalisation des cours de récréation ou encore sur l’électricité verte… Et des crédits en baisse continue depuis 2019 pour les cheminements doux.

Alors que Vannes est une collectivité riche au plan financier, elle se révèle, à travers ce budget, pauvre en idées et en ambitions. Elle n’est pas à la hauteur des enjeux ni du moment. Pour toutes ces raisons, notre groupe a donc voté contre ce budget.

 

Simon UZENAT et Sandrine BERTHIER