Lorient : nous sommes l’opposition et pas la minorité au Conseil municipal !

10 mois après l’élection de juin 2020, c’est dans l’opposition que j’ai entamé ce nouveau mandat électif. Nous sommes trois élu·e·s socialistes, Gaëlle Le Stradic et moi-même dans le groupe « Lorient En Commun » et Chafik Hbila dans le groupe « Bien vivre Lorient ». Je ne reviendrai pas sur les circonstances de notre défaite, de la défaite du camp social-démocrate et écologiste. Chacune et chacun a dû ou doit s’interroger sur les raisons de cet échec, en tirer des leçons, afin de s’engager dans une reconstruction d’une union large qui nous permette de reconquérir la confiance des électrices et des électeurs.

Conseiller municipal d’opposition, c’est donc une découverte, une autre aventure. Quand on est élu dans la majorité, on a eu une feuille de route, le programme de la campagne. Dans l’opposition on a bien sûr le programme de campagne mais on a aussi le contrôle de la mise en œuvre de la politique de la majorité.

On doit donc en permanence analyser les projets présentés, juger de leur pertinence, les évaluer mais aussi en mesurer l’écart avec le programme que nous avions défendu.

Double exercice, qui intellectuellement demande des aller-retours permanents et la construction de contre-propositions avec l’espoir qu’elles soient entendues et/ou reprises tout ou partie par la majorité.

Une opposition constructive

Dans cette nouvelle mandature, nous avons face à nous une majorité plutôt à l’écoute tant en séance du conseil qu’en commission. Elle n’est pas toujours la même d’une commission à une autre mais l’exigence de transparence que nous attendons est plutôt au rendez-vous, même si elle demande une attention de tous les instants. Une conférence régulière des présidents de groupe avec le maire permet de mieux organiser les débats, de s’assurer que l’écoute, le respect de l’opposition, des oppositions doivent être garantis à tout moment.

Enfin, l’opposition préside la commission « ressources financières et humaines et développement économique ». C’est au nom de notre groupe que j’en assume la présidence. Par une relation de travail régulière avec le directeur financier et celui des ressources humaines, je peux approfondir les dossiers de préparation des commissions et conseils mais aussi entre deux conseils. Il y a un investissement plus important afin d’assumer au mieux cette responsabilité mais elle permet de gérer avec plus d’accès à l’information et de transparence le mandat d’opposition. Maître de l’ordre du jour, je peux organiser des temps d’audit ou d’auditions, bien entendu après discussion avec les adjoints concernés par ladite commission. C’est une reconnaissance des droits de l’opposition, c’est un plus au débat démocratique, cela demande des échanges permanents avec la majorité, parfois des désaccords mais une écoute réciproque permet de faire vivre la démocratie locale au mieux dans l’hémicycle des élu·e·s.

Il est encore trop tôt pour évaluer cette relation établie entre l’opposition et la majorité, mais les échanges existent, l’écoute est au rendez-vous.  Maintenant ne soyons pas naïfs, la majorité est là pour dérouler son programme et l’opposition pour le critiquer, l’amender autant que possible ou le faire échouer.

Car nous sommes une opposition et non une minorité. Comme je l’avais déclaré en séance au conseil de septembre 2020 : « Monsieur le maire, permettez-moi d’aborder, en préalable, une question de sémantique républicaine :  Si ce conseil municipal a une majorité et une minorité c’est le fait du scrutin électoral qui a comme conséquence que « la ou les listes de personnes candidates réunissant le moins de voix dans l’élection, forment une minorité », oui en nombre. 

Pour autant, cette minorité issue du scrutin peut s’affirmer comme une opposition au sens, « Ensemble des partis et des forces politiques qui s'opposent à un moment donné au pouvoir et au gouvernement et dont le programme est opposé à celui de la majorité politique ».

C’est donc en opposants que nous traverserons ce mandat, en combattant les projets que nous considérerons non bénéfiques aux Lorientaises et aux Lorientais et avec en ligne de mire la reconquête de la majorité lors du prochain scrutin municipal. Deux conditions, la première l’union de la gauche, de toute la gauche et des écologistes, la deuxième la construction tout au long du mandat d’un programme solide et répondant aux attentes de nos concitoyennes et concitoyens.

Bruno JAOUEN
Conseiller municipal d’opposition – Lorient
Président de la commission Ressources et Développement Economique   

EN COMPLÉMENT :

 

Sécurité dans les transports en commun : deux visions s’opposent, Le Télégramme, 23 mars 2021

Fiche présentation Gaëlle Le Stradic, Liste Lorient en commun

Fiche présentation Bruno Jaouen, Liste Lorient en commun