ÉDITO #4 : Un journal militant pour quoi faire ?


Le travail de réflexion est fondamental en politique. Un journal, qu’il soit papier ou numérique, est donc essentiel. Espace de réflexions, individuelles et collectives, de débats, un journal militant est précieux pour écouter les idées, les analyses de spécialistes de la chose publique ( comme dans ce numéro l’entretien avec Carole GOMEZ, experte en géopolitique du sport et celui avec Guillaume GONIN sur la politique étrangère de Joe BIDEN) et ainsi enrichir nos connaissances, élargir nos perspectives. Un journal est un instrument utile, aussi, pour jeter sur le papier, ou à l’écran, ses réflexions, ses suggestions, en mesurer la pertinence, les ajuster grâce aux réactions de lecteurs ou de lectrices. Bref, c’est un outil fondamental pour se projeter dans l’action publique, mais aussi pour prendre du recul par rapport à l’action quotidienne.

Un journal permet aussi d’interroger nos valeurs par rapport à l’évolution du monde. Internationalistes, profondément européens, les socialistes se doivent donc de penser le monde, de penser l’Europe. C’est le sens du dossier de ce numéro qui embrasse une partie de notre environnement international, que ce soit nos relations avec l’Algérie avec Sarah JORON, le couple franco-allemand avec Axel QUÉVAL, l’importance de l’UE dans la crise sanitaire avec Jean-Paul MÉHEUST ou le comportement agressif de la Chine qui entend s’imposer comme la puissance mondiale dominante.

Les socialistes sont également profondément républicains. Ils ont contribué à penser la République, avec JAURÈS hier. Ils l’ont défendu, aussi, parfois au prix de leur vie comme Suzanne BUISSON et Pierre BROSSOLETTE. Et ils continuent de la penser et de défendre son idéal. C’est le sens de l’entretien avec Bernard CAZENEUVE qui demeure une boussole dans le capharnaüm qu’est devenu notre débat public. Ancien Premier ministre, Bernard CAZENEUVE nous rappelle ici que la République a besoin du commun, de mettre en valeur ce qui nous rassemble. Il rappelle aussi que la démocratie s'épanouit grâce aux démarches collectives. Les partis, et donc les militantes et militants qui les animent, sont ainsi nécessaires à une démocratie vivante dès lors qu'ils restent fidèles aux idéaux de leur fondation.

Un journal militant s'inscrit dans une certaine idée de la démocratie. Une conception dans laquelle l'argumentation, la nuance, le temps long sont essentiels. Le projet du BREIS pour les régionales ainsi que notre projet départemental s'inscrivent aussi dans cette démarche. Cela peut paraître ringard à l'heure des chaînes d'infos en continu et des réseaux sociaux qui favorisent l'hystérisation des débats et la culture du buzz. Mais un débat public de qualité, et la rationalité qu'il sous tend, ne peuvent se cantonner à des saillies de 280 caractères ou des selfies. Il faut donc accepter de passer pour démodés, si c'est le prix pour défendre une vision exigeante de la démocratie. 

Kevin Alleno


SOMMAIRE :



EN COMPLÉMENT :


Archives des revues socialistes, Fondation Jean Jaurès


Pierre Leroux, entre Socialisme et République, Note de la Fondation Jean Jaurès, Pierre Lagedamon


L'éloge de la nuance par Jean Birnbaum - C à Vous - 12/03/2021